Secteur adulte : nos lectures de novembre…

L’homme peuplé de Franck Bouysse

C’est l’histoire de deux types : Caleb et Harry. Le premier est paysan, marqué par la forte personnalité de sa mère qui l’a nourri de superstitions et de méfiance vis-à-vis de son prochain. Elle a fait de Caleb un marginal vivant reclus dans les limites de son exploitation quand elle vient à décéder. Le deuxième type est un auteur ayant rencontré le succès avec son premier roman. Il est en panne d’inspiration pour le suivant. Il se retire à la campagne, dans une bicoque sinistre, avec l’espoir de retrouver le goût d’écrire. Son voisin est insaisissable. Il se faufile chez lui en son absence pour l’espionner. Ce n’est autre que le premier type, Caleb, le paysan reclus…

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Les dernières lectures du secteur adulte…

Roukiata Ouédraogo est une humoriste originaire du Burkina Faso qui s’illustre en France depuis quelques années. Dans ce roman autobiographique, elle raconte comment, en 2019, elle fut la marraine de la Journée Internationale de la Francophonie. L’événement raviva en elle de vieux souvenirs de famille. Ceux de sa mère qui, à la suite de l’emprisonnement injustifié de son mari, dut subvenir seule aux besoins de ses sept enfants. Le combat de cette Mère Courage offre au lecteur une excellente immersion dans le quotidien des Burkinabés.
Ouédraogo évoque la fierté maladive des hommes, l’endurance héroïque des femmes. La débrouillardise, le système de transport chaotique, l’hypocrisie administrative… des réalités de terrain qui ne sont pas que du folklore et avec lesquelles il faut composer.
La simplicité du style n’empêche pas quelques belles réflexions sur la condition humaine, les différences culturelles ou l’excision, question chère à l’autrice. Un beau moment de lecture.

Ce livre fera l'objet d'un cercle de lecture animé par l'association Teriya Solidarité le samedi 05 novembre à 10h00.
Venez en discuter avec nous!

 

Il fallait de l’audace pour reprendre l’écriture des enquêtes du fabuleux Hercule Poirot. Pour autant, Sophie Hannah n’a pas à rougir de sa prestation. Elle a relevé le défi avec brio. Chapitre après chapitre, on a plaisir à retrouver sa version du détective belge, aux petites cellules grises si perspicaces. Autant dire qu’il n’a pas pris une ride. Toujours aussi maniaque. Toujours aussi rigoureux. Rien ne lui échappe. Pas même le plus insignifiant détail.
Tout commence dans un restaurant de Londres, avec une mystérieuse Mademoiselle Jennie. Elle a peur pour sa vie. Elle vient de parler à Poirot et s’enfuit. Plus tard, ce sont trois victimes qui seront retrouvées dans trois chambres d’un grand hôtel londonien. Il n’en faudra pas plus à notre cher détective pour s’atteler à la résolution de ces crimes. Dans cette affaire, il sera aidé du jeune inspecteur de police Edward Catchpol.
Une enquête bien ficelée avec le grand final traditionnel réunissant tous les suspects.

Vous voulez plus d'Hercule Poirot revisité ?
Regardez donc le film Le crime de l'Orient Express, version 2018, de et avec Kenneth Branagh.
À emprunter au secteur cinéma !

 

Tout part de Grégoire Coblence, ébéniste de son état. En réparant un étui à violoncelle, il découvre une partition apparemment ancienne. Plusieurs personnages vont être mis dans la confidence, directement ou indirectement. Très vite, on soupçonne la partition d’être une sonate inédite du claveciniste Scarlatti. Une telle découverte ferait l’effet d’une véritable bombe dans le milieu de la musique. Mais on n’est pas à l’abri d’une supercherie. Quand la partition est volée, tout le monde s’affole. Il faut la retrouver à tout prix, être le premier à percer son mystère…
Roman choral aux allures de thriller artistique, 555, du nombre des sonates de Scarlatti, vous happe dès les premières lignes. Sa construction polyphonique, ses chapitres courts, ses personnages attachants autant que son intrigue teintée d’histoire de la musique, tout y est passionnant du début jusqu’à la fin. Un pur chef d’œuvre à ne manquer sous aucun prétexte!

Vous voulez plus de fiction sur l'art ?
Lisez donc La femme périphérique de Sophie Pointurier, mystère se déroulant dans le Berlin artistique des années 90.
À résoudre au secteur adulte!

 

Voici un petit livre bien singulier. D’emblée, le narrateur nous fait entrer dans son intimité. Ses premières phrases reprennent le titre “Ici, ça va”. Comme si nous étions un proche lui demandant des nouvelles de sa récente installation à la campagne. Les chapitres très brefs s’enchaînent. Le narrateur y décrit ses journées, les travaux qui l’occupent, les saisons qui défilent, sur le ton de la confidence. Petit à petit se dessine l’histoire d’un homme ayant entamé une triple reconstruction : la sienne, celle de la maison familiale, ainsi que du lien avec la nature. On devine un drame refoulé depuis l’enfance. On admire le soutien de l’épouse aimante. Tout est suggéré avec pudeur et délicatesse.
En fin d’ouvrage, Thomas Vinau dévoile l’intention derrière son roman. Les mots qu’il emploie sont exactement ceux auxquels on pense en parvenant au terme de l’histoire. Preuve que l’objectif de l’auteur est atteint haut la main, en à peine 130 pages.

https://ctlg.mediatheque-lattes.fr:3333/detail-d-une-notice/notice/1300120196

Vous voulez plus de mise au vert ?
Lisez donc Par la force des arbres d'Édouard Cortès, ou l'histoire vraie d'un homme réfugié au sommet d'un arbre, façon Baron Perché.
À découvrir au rayon adulte!

 

Il y a d’abord deux femmes : Kamar la Syrienne et Acia l’Italienne. La première fuit son pays avec sa fille. Elle vit le drame de tous les migrants : la guerre, les passeurs, les camps d’internement. La seconde se retrouve totalement démunie après une énième galère. Un livre de cuisine, trouvé par hasard sur un banc, la pousse à se rendre dans un village perdu d’Ombrie.
C’est là qu’entre en scène la troisième larronne : la vieille Nebbe, propriétaire d’une auberge sur le déclin. Ensemble, ces trois femmes vont reprendre goût à la vie, par le biais de la cuisine…
Roman tant social que feel-good , Le pays aux longs nuages s’avère puissant dans son évocation des migrants, un peu plus mélodramatique quand il s’agit d’Acia et ses innombrables malheurs. Il n’en demeure pas moins un livre savoureux avec son énumération de plats typiques et ses paysages de campagne italienne.

Vous voulez plus de romans gourmands ?
Lisez donc Le fermier qui parlait aux carottes et aux étoiles de Julia Mattera, pour saliver de plaisir avec la cuisine alsacienne.
À déguster au rayon adulte!

Secteur adulte : nos derniers coups de cœur…

1. Littérature anglaise : UN JARDIN DE MENSONGES de Susan Fletcher

Nous avions absolument adoré Un bûcher sous la neige évoquant la persécution des sorcières. Susan Fletcher nous revient avec ce roman  tout aussi envoûtant.
Clara Waterfield perd sa mère en 1914. Elle n’a que 20 ans et souffre de la maladie des os de verre. Infirme et peu sociable, elle se réfugie dans les jardins de Kew où elle développe une passion salvatrice pour la botanique. Celle-ci lui permet de décrocher un poste dans la campagne anglaise, au manoir de Shadowbrook. Son nouveau propriétaire, l’insaisissable Mr. Fox, souhaite y aménager une serre tropicale…

Héroïne fragile, personnages énigmatiques, aristocrates dépravés et autres apparitions fantomatiques : tous les ingrédients du roman gothique sont réunis dans ce livre qui plaira tant aux amateurs de maisons hantées que de jardins luxuriants. Ou quand mystère et botanique se marient pour notre plus grand plaisir de lecteur!

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Vous voulez plus de reconstruction par les fleurs?
Lisez donc Les fleurs sauvages de Holly Ringland, roman d'apprentissage mêlant condition féminine et botanique au milieu du bush australien.
À emprunter au rayon adulte!

 

2. Littérature française : DES HOMMES COULEUR DE CIEL d'Anaïs Llobet

Alissa est tchétchène. Réfugiée aux Pays-Bas, elle est un modèle d’intégration. Pour y parvenir, elle a pris soin de cacher ses origines. Car les siens n’ont pas bonne réputation. Désormais, Alissa enseigne le russe dans un lycée de La Haye. Jusqu’à ce qu’un horrible attentat n’y soit perpétré. Alors Alissa est rattrapée par son histoire. On suspecte deux de ses élèves d’être les auteurs de l’attentat. Les frères Kirem et Oumar Akhmaïev. Eux aussi sont tchétchènes…

Anaïs Llobet s’est servie de son expérience de journaliste en Russie et en Tchétchénie pour écrire ce roman qui y gagne en authenticité. Actuel et puissant, il aborde l’exil, le terrorisme mais aussi la persécution des homosexuels. Entrer dans la tête d’Alissa et de son élève Oumar nous permet de mieux saisir l’écartèlement entre identité culturelle et désir d’épanouissement que les immigrés peuvent ressentir.

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Vous voulez plus de fratries confrontées au terrorisme?
Lisez donc le livre de Mahir Guven, Grand frère, qui a reçu le prix Goncourt du Premier Roman en 2018.
À découvrir au rayon adulte!

 

3. Littérature japonaise : TANT QUE LE CAFÉ EST ENCORE CHAUD de Toshikazu Kawaguchi

Il arrive souvent que les auteurs japonais intègrent une pointe de fantastique dans leurs écrits. Elle n’est que prétexte pour mieux vivre la réalité. Ici, c’est l’établissement du Funiculi Funicula qui introduit cette note fantastique. Une légende urbaine prétend qu’on y boit un café permettant de voyager dans le temps. Pour ça il faut respecter un protocole très strict. Notamment voler son siège à une cliente fantôme.
Quatre femmes vont tenter l’expérience : Fumiko, la working girl larguée par son fiancé ; Madame Kotake, dont le mari est atteint d’Alzheimer ; Mademoiselle Hiraï, en conflit avec sa famille ; Kei, la propriétaire des lieux…

Frais et gentillet, ce roman feel good offre un large éventail d’émotions. L’humour bizarroïde, typiquement japonais, y cohabite avec de beaux moments d’humanité, quand les quatre héroïnes font face à leurs drames intimes.

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Vous voulez plus de tranches de vies dans les cafés?
Lisez donc le dernier livre de Jean-Philippe Blondel, Café sans filtre, qui croque les habitués du Tom's, le temps d'une journée.
Bientôt disponible au rayon adulte!

 

4. Littérature française : LE DIT DU MISTRAL d'Olivier Mak-Bouchard

Tout commence avec le bon Dieu, au septième jour de la création. Il réunit les quatre éléments avec une idée en tête : se créer un petit bout de paradis. Et voilà qu’apparaît le Luberon !
Cette simple introduction donne le ton de l’ensemble du livre : pittoresque, truculent, mystique, vernaculaire… et par dessus tout, provençal! Oh que oui! Que ça sent bon la Provence dans ces 350 pages! Mais une Provence sauvage, mystérieuse, un brin païenne sur les bords.
Nous l’explorons à travers les yeux du narrateur, qui, à la suite d’un orage, se lance dans d’audacieuses fouilles avec son charismatique voisin : Monsieur Sécaillat…

Tranche de vie contemporaine, légendes locales, conte fantastique et thriller archéologique : un savoureux mélange de genres, qui est aussi une véritable déclaration d’amour au pays de Daudet, de Giono et de Bosco.
Incontournable pour tout sudiste qui se respecte. Exotique et dépaysant pour les autres.

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Vous voulez plus de Provence?
Lisez donc la Trilogie de Pan de Jean Giono, classiques intemporels qui subliment le rapport de l'homme à la nature.
À (re)découvrir au rayon adulte!

 

5. Littérature anglaise : L'INOUBLIABLE VOYAGE DE MISS BENSON de Rachel Joyce

On ne peut pas dire que Margery Benson ait une vie amusante. Vieille fille proche de la cinquantaine, asociale et disgracieuse, elle a survécu à toute sa famille. Délaissant sa passion pour les scarabées, elle s’est enfermée dans une vie morne d’enseignante en arts ménagers. Nous sommes en Angleterre, juste après la deuxième guerre mondiale. Une énième humiliation de ses élèves pousse Margery à prendre sa vie en mains. Elle décide de plaquer Londres pour la Nouvelle-Calédonie, sur les traces du légendaire scarabée d’or. Pour ça, il lui faut une assistante. La fatalité lui envoie Enid Pretty, fofolle peroxydée, à la limite de l’illettrisme…

Aventures au bout du monde, situations cocasses et amitié féminine : voilà ce que nous propose ce roman gentiment féministe qui raconte l’épanouissement de son héroïne, non par le biais d’une énième histoire d’amour, mais grâce à son courage et ses aspirations profondes.

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Vous voulez plus de scarabée d'or?
Lisez donc la nouvelle d'Edgar Allan Poe, simplement intitulée Le scarabée d'or, mêlant fantastique et chasse au trésor.
À (re)découvrir au rayon adulte!

Secteur adulte : nos dernières lectures…

1. Premier roman : BLIZZARD de Marie Vingtras

Bess est sortie dans la tempête avec le petit Thomas. Elle l’a perdu là, en plein blizzard, au beau milieu de l’Alaska. Mais qu’est-ce qui lui a pris à cette écervelée ? Benedict est obligé de partir à leur recherche. Il entraîne avec lui Cole. Eux connaissent les dangers de la région. Des hommes, des vrais. Pendant les quelques heures que vont durer les recherches, chacun va prendre la parole, livrer ses pensées, son histoire a priori indépendante des autres. Mais qui finit par les rejoindre, pour en arriver là, au moment de ce drame, partie émergée de l’iceberg…

Roman polyphonique construit comme un thriller, Blizzard est d’une redoutable efficacité. Les chapitres courts s’enchaînent à une allure vertigineuse. Les protagonistes sont extrêmement convaincants.
Un livre au propos très noir, par contraste avec la blancheur de ses paysages.
Une autrice à suivre de très près.

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Vous voulez plus de neige et de glace ?
Lisez donc De pierre et d'os de Bénédicte Cournut. Un roman mêlé de poésie, à la suite d'une jeune inuit piégée sur la banquise.
À emprunter au rayon adulte !

 

2. Littérature française : SEULE EN SA DEMEURE de Cécile Coulon

Dans ce que l’on imagine être la fin d’un dix-neuvième siècle rural, la jeune Aimée Deville devient l’épouse de Candre Marchère, héritier d’un grand domaine forestier. Candre est-il un homme à part ? Ou bien un monstre fanatique ? Aimée hésite entre ces deux visions de son mari. À cause de sa personnalité insaisissable. À cause d’une première épouse morte trop tôt, et du fils de la gouvernante, sauvageon mutique…

Le dernier livre de Cécile Coulon lorgne à la fois du côté du roman gothique, du roman psychologique et de terroir. Condition féminine, secrets de famille, obsession de la procréation : on y survole plusieurs sujets sans jamais vraiment s’appesantir. Reste une ambiance floue, teintée de légers mystères que l’on a envie de percer malgré tout.

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Vous voulez plus de jeunes mariées dans des maisons glauques ?
Lisez donc Rebecca, le classique indémodable de Daphné du Maurier, qui inspira Hitchcock en 1947 et plus récemment, Netflix.
À retrouver au rayon adulte !

 

3. Littérature fantastique : DEMAIN de Damian Dibben

Le narrateur de ce roman tant fantastique qu’historique est un chien. Mais pas n’importe quel chien. Un chien rendu immortel par l’alchimiste qui lui sert de maître. Ensemble, ils ont fréquenté les plus grandes cours royales européennes du 17e siècle, ainsi que l’absurdité des champs de bataille. Jusqu’à ce que le maître ne disparaisse et que le chien ne se retrouve seul à l’attendre pendant plus de cent ans…

À la lecture de cet ouvrage insolite, bien écrit et forcément ponctué de nombreuses réflexions sur l’éphémérité de la vie, on pense au Orlando de Virginia Woolf, aux Chroniques des Vampires d’Anne Rice ou même à La belle et le clochard de Disney. Une façon originale d’évoquer le lien puissant qui unit l’homme à l’animal domestique.

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Vous voulez plus d'immortels ?
Lisez donc La traversée des temps, monumentale série conçue par Eric-Emmanuel Schmitt et retraçant toute l'histoire de l'humanité au travers du personnage de Noam.
À explorer au rayon adulte !

 

4. Littérature française : NUMÉRO DEUX de David Foenkinos

Fans de la saga Harry Potter, nous ne pouvions pas passer à côté du dernier roman de Foenkinos. L’auteur y invente le calvaire psychologique de Martin Hill, jeune franco-anglais imaginaire qui échoue à décrocher le rôle d’Harry Potter au cinéma. À la dernière minute, les producteurs lui préfèrent un certain Daniel Radcliffe…

Même si le livre verse trop facilement dans le mélodrame, que son style hésite souvent entre documentaire et fiction, il faut au moins lui reconnaître deux atouts. Voire trois. Et d’un, il fourmille d’anecdotes sur les coulisses de la saga phénomène. Et de deux, on le referme en étant persuadé que Martin Hill existe réellement. Et de trois, malgré quelques grosses ficelles, son questionnement sur les notions d’échec et de réussite n’est pas dénué d’intérêt.

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5. Littérature américaine : LA RIVIÈRE de Peter Heller

Wynn et Jack sont deux amis. Ce qui les réunit c’est l’amour de la nature sauvage, la pêche, les randonnées, le canoé. Mais aussi la littérature. À la fin de l’été, ils partent en expédition sur la rivière Maskwa, loin de la civilisation. Un projet qu’ils mûrissent depuis longtemps. Et qui aurait dû se révéler idyllique. Si un gigantesque feu de forêt ne s’était pas déclaré. Si les deux gars ne s’étaient pas retrouvés mêlés à une dispute de couple…

Rugueux, descriptif, volontiers contemplatif, le roman de Peter Heller oscille entre récit de voyage, thriller et survie. L’homme y est aussi sauvage que la nature. L’imminence des catastrophes ne l’empêche pas de se livrer à ses turpitudes. Elle révèle les personnalités. Comme si l’incendie qui faisait rage dans cette forêt canadienne n’était qu’une métaphore de l’enfer moral humain.

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Vous voulez plus de descentes en canoé qui virent au cauchemar ?
Regardez donc Délivrance, le grand classique de la survie en eaux troubles par John Boorman. Avec Burt Reynolds et John Voight.
À (re)découvrir au rayon adulte !

Les derniers coups de ♥ du rayon adulte…

1. Littérature française : N'ENTRE PAS DANS MON ÂME AVEC TES CHAUSSURES de Paola Pigani

On croyait que tout avait été dit sur la seconde guerre mondiale. Paola Pigani nous prouve le contraire dans ce livre qui tient autant du témoignage que du roman. Il y est question du camp d’internement des Alliers où les membres de la communauté tsigane furent enfermés d’octobre 1940 à mai 1946.

C’est au travers des yeux d’Alba et de sa famille que nous vivons cette longue descente aux enfers. Sédentarisation forcée et confiscation des biens équivalent à la destruction de l’identité tsigane. Sans parler des conditions de vie au camp qui se dégradent au fil des ans.
Un sujet grave servi par l’écriture magnifique de Pigani, pleine de poésie et d’humanité.

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Vous voulez plus d'histoire tsigane ?
Regardez donc Django, le film d'Etienne Comar consacré à Django Reinhardt. Avec Reda Kateb dans le rôle titre.
À emprunter au rayon cinéma !

 

2. Littérature étrangère : UNE SOUPE À LA GRENADE de Marsha Mehran

Les sœurs Aminpour ont dû fuir la révolution iranienne de 1979. Elles atterrissent quelques années plus tard dans un coin perdu d’Irlande.
Leur atout pour s’y intégrer ? La cuisine traditionnelle de leur pays, mise à l’honneur au Babylon Café que les sœurs s’apprêtent à ouvrir. Ce qui n’est pas du goût de tous les autochtones.

Gastronomie, satire sociale et choc des cultures sont au menu de cet appétissant roman feel good à la sauce persane. Avec en prime les recettes de tous les plats à reproduire chez soi. Celles que nous avons retenues ? Le remède contre la migraine et le Fesenjoon (poulet aux noix et à la grenade). Bon appétit !

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Vous voulez plus de révolution iranienne ?
Lisez donc Quand s'illumine le prunier sauvage de Shokoofeh Azar, où se mêlent magie des croyances et violence des événements.
À découvrir au rayon adulte !

 

3. Roman historique : LES GRACIÉES de Kiran Millwood Hargrave

17ème siècle norvégien, dans le petit port de pêche de Vardo. Tous les hommes meurent en mer lors d’une tempête aux allures surnaturelles. Les femmes sont obligées de s’organiser pour survivre seules. Jusqu’à ce que le gouverneur envoie son nouveau délégué, un arriviste fanatique, bien décidé à ramener la population locale dans le droit chemin, à coups de bûchers et d’accusations de sorcellerie.

Inspiré de faits réels, ce roman sombre et angoissant aborde la condition féminine, mais aussi celle du peuple sami à l’ère de la domination du mâle chrétien. On tremble pour ses héroïnes, Maren la villageoise, Ursa, la jeune épouse du délégué. Leur improbable amitié est la seule source de lumière dans ce monde obscurantiste.

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4. Roman d'aventures : DENT DE DINOSAURE de Michael Crichton

Nous avions adoré le livre de Tracy Chevalier, Prodigieuses Créatures, qui parle de femmes anglaises et de fossiles. Voici son pendant par Michael Crichton où il est question d’hommes américains et… de fossiles !
Comme dans le roman de Chevalier, on y suit un duo d’authentiques chercheurs, Othniel Marsh et Edward Cope, qui se livrèrent une véritable “guerre des os” au 19ème siècle. Coincé entre ces deux géants aux dents longues, un jeune et innocent héros tentera de survivre à l’expédition paléontologique de l’été 1875.

Tous les ingrédients du western sont réunis dans ce roman d’apprentissage palpitant. L’histoire des États-Unis y est abordée de façon subtile, notamment les guerres indiennes. On ne s’ennuie pas une seconde !

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Vous voulez plus de dinosaures au far-west ?
Lisez donc Dry Bones de Craig Johnson, un roman qui mêle gros lézard, enquête policière et western.
À retrouver au rayon adulte !

Littérature adulte : nos derniers coups de ♥…

1. Rencontre d’auteurs : Laure Boutault et Laurent Lagarde

Le 16 octobre dernier, la Médiathèque de Lattes a organisé une rencontre exceptionnelle avec les auteurs lattois Laure Boutault et Laurent Lagarde, tous les deux primés par le magazine Femme Actuelle en 2021. Un double coup de cœur pour votre équipe de bibliothécaires :

Quel genre de retraité ferait un enfant des eighties ? C’est ce que Laurent Lagarde nous propose d’imaginer dans son roman Troisième jeunesse, en nous projetant une trentaine d’années en avant aux côtés de son héros Alexandre Delcourt, pensionnaire acariâtre d’une maison de retraite de luxe.
Rien ni personne ne trouve grâce aux yeux d’Alexandre. Sauf peut-être Flora et Stanislas, deux autres résidents avec qui il pratiquera respectivement le voyage imaginaire et le cerf-volant. Ou encore la séduisante Natacha et son fils Victor, gamin à part rencontré à l’occasion d’une sortie scolaire.
Avec le style d’un orfèvre et un humour pimenté au vitriol, Laurent Lagarde offre de beaux moments de réflexion sur ce que nous faisons de nos vies, sur la façon d’aborder le grand âge et le besoin de s’y réinventer encore.
Tout ça sur une bande son signée George Michael et Alain Souchon…

Dans son roman La robe du Lutetia, Laure Boutault nous raconte, quant à elle, une belle histoire d’amour pendant l’occupation allemande, dans un village reculé des Cévennes. À la mort de leur grand-mère Lisette, deux sœurs découvrent une robe gardée sous clé qu’elles ne connaissaient pas. Intriguées, elles vont mener une enquête, remonter ainsi le temps jusqu’à découvrir des secrets inavoués qui bouleverseront tout le village. Un livre qui nous fait vivre des moments forts et qui retranscrit l’attachement de deux petites filles devenues adultes à leur grand-mère.

Vous voulez plus de vieux grincheux ?
Lisez donc le roman feel-good de Fredrik Backman Vieux, râleur et suicidaire, la vie selon Ove.
À découvrir au rayon adulte !

 

2. Littérature française : L’AMI ARMÉNIEN d’Andréï Makine

Vous est-il déjà arrivé de croiser des gens qui donnent l’impression de ne pas appartenir à ce monde ? Des êtres lunaires, avec une vision si singulière de l’existence, qu’ils la traversent sans vraiment se prendre au jeu, en bouleversant vos certitudes au passage.
C’est ce genre de rencontre qu’évoque Andreï Makine dans L’ami arménien. Plus qu’un roman, il s’agit là de souvenirs, d’impressions remontant à l’adolescence de l’auteur. Des souvenirs qui prennent place dans la Sibérie soviétique des années 1970. Et qui ont pour point commun Vardan, jeune arménien de quatorze ans, dont Makine s’est fait un ami. Vardan souffre d’une maladie congénitale. Peut-être est-ce elle qui lui a donné la précocité d’un sage. Ou bien est-ce le poids de ses origines. Car à travers Vardan, c’est la condition de tout le peuple arménien que Makine va découvrir. Les maltraitances infligées par le régime soviétique, les douloureux stigmates du génocide. Mais aussi la chaleur de ce peuple, la dignité qu’il conserve malgré le dénuement, son hospitalité. La communauté arménienne sera comme une bulle de réconfort pour l’enfant  Makine, alors orphelin livré à l’inhumanité des institutions.
D’abord tendre, quand il s’agit de raconter l’amitié adolescente, la figure presque prophétique de Vardan, le livre devient de plus en plus dur et amer face à la rudesse de la vie, l’injustice faite aux peuples.
Un petit ouvrage authentique, plein d’humanité, de réflexions et de drames.
Impossible d’oublier Vardan après une telle lecture.

 

3. Littérature étrangère : LA SIRÈNE, LE MARCHAND ET LA COURTISANE d’Imogen Hermes Gowar

La sirène, le marchand et la courtisane… mais que se cache-t-il derrière ce titre à rallonge digne des Mille et une nuits ? Roman historique ? Conte fantastique ? Romance ? Comédie de mœurs ?
Un peu tout ça à la fois. Et en même temps, une description résolument moderne de la condition féminine dans l’Angleterre du 18ème siècle. Les femmes n’y pouvaient endosser que trois rôles : celui de la bonne épouse, de la vieille fille ou de la prostituée.
Angelica Neal appartient à la dernière catégorie. Courtisane en vue, elle vient d’essuyer un revers de fortune suite au décès de son noble “protecteur”. Quel choix lui reste-t-il ? Retourner dans la très respectable maison de son ancienne maquerelle, Mrs Chappell ? Trouver un autre noble protecteur qui, si elle s’y prend bien, fera d’elle une comtesse par l’absolution du mariage, comme son amie Bel Fortescue ?
À moins qu’une dernière possibilité ne s’offre à elle. Le veuf et bedonnant Monsieur Hancock ne ferait-il pas un bon parti ? Certes, il est marchand et beaucoup trop honnête. Mais il vient de faire fortune en exposant une horrible petite chose qu’il affirme être une sirène. En outre, il ne semble pas insensible aux charmes voluptueux d’Angelica…
Avec la maestria des plus grands auteurs classiques et une narration au présent très efficace, Imogen Hermes Gowar nous entraîne dans un tourbillon de mondanités et de sordidités qui suffit à ressusciter toute une époque. Au-dessus de ce temps perdu flotte la figure énigmatique de la sirène. Mais sirène y a-t-il vraiment ? N’est-elle pas qu’une allégorie de la femme libre et séductrice ? Un catalyseur de toutes les frustrations et de tous les désirs ?
Un livre brillant, mélange entre la série Harlots et La lune et le roi soleil de Vonda McIntyre, par une autrice à suivre de très près.

Vous voulez plus de sirène ?
Lisez donc Une sirène à Paris de Mathias Malzieu. Un roman poétique et délicat où l'amour et l'imaginaire se combinent au suspense.
À découvrir au rayon adulte !

Nos coups de cœur du moment, tous rayons confondus…

1. Littérature adulte : LA FUREUR DES HOMMES par Charles O. Locke

C’est en 2012 que les éditions Actes Sud et le réalisateur Bertrand Tavernier entament leur collaboration sur la collection “L’ouest, le vrai” dans le but de faire découvrir aux lecteurs français les romans à l’origine des plus fameux westerns.
La fureur des hommes est l’avant-dernier né de cette collection. Initialement publié aux États-Unis en 1957, il n’avait jamais été traduit en France malgré une adaptation cinématographique en 1958 par Henry Hathaway (voir l’excellente postface de Monsieur Tavernier à ce propos).

Le roman met en scène une chasse à l’homme, celle du jeune Tot Lohman, coupable malgré lui d’avoir tué l’un des fils Boyd. Même si Lohman est un garçon droit dans ses bottes, qu’il était en position de légitime défense, le reste du clan veut lui faire la peau. Les Boyd sont de riches propriétaires texans. Ils s’imaginent avoir droit de vie et de mort sur le quidam. Ils traqueront Lohman jusqu’au bout. Mais Lohman le leur rendra bien. Car malgré son éducation lettrée, il manie la carabine comme personne.

Le livre décrit un monde dur et violent qui pousse les hommes aux limites de la folie. Un monde en tout point aride, à l’image du désert que le héros traverse totalement démuni, manquant y trouver la mort. Cette aridité, on la retrouve aussi dans la narration dépouillée de Lohman, sobre bonhomme qui ne manque pas de maladresse quand il s’agit d’exprimer ses sentiments. Les épreuves qu’il connaît lui inspireront des réflexions sur le sens de la vie, sur l’injustice, sur la domination des faibles par les forts, lesquelles donnent au roman une puissance littéraire dépassant le seul western.

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Vous voulez plus de romans westerns ? 
Lisez donc les deux tomes de la série Lonesome dove, qui vous feront vivre le quotidien des cow-boys comme si vous y étiez.
À découvrir au rayon littérature adulte !

 

2. Thématique Elisabeth Ier : HAMNET par Maggie O'Farrell

Si le titre du roman de Maggie O’Farrell vous rappelle une célèbre pièce de Shakespeare, il n’y a là rien d’étonnant. Car Hamnet, le petit garçon dont il est question dans ce livre, n’est autre que le fils de Shakespeare. Ou plutôt du “précepteur”, du “fils du gantier”, du “jeune homme” comme le célèbre dramaturge est dénommé tout au long des 350 pages que compte l’ouvrage. Jamais Shakespeare n’est appelé par son nom. Il restera anonyme du début à la fin. Pourquoi ce choix ? Peut-être pour signifier qu’ici on va s’intéresser davantage à l’inconnu qu’à la célébrité. D’ailleurs,  l’histoire pourrait n’avoir aucun lien avec Shakespeare. Elle pourrait être celle de n’importe quelle famille anglaise du 16e siècle, tant les thèmes qui y sont abordés sont ceux du commun.

Au fond, il est moins question de Shakespeare dans ce livre, que d’Agnes, sa flamboyante épouse un peu sorcière sur les bords, de leur histoire d’amour controversée, de leurs difficiles rapports à la famille, de leurs enfants et de la perte.
Car Hamnet est la chronique d’une mort annoncée. Le garçonnet va mourir. C’est établi d’entrée de jeu, sur la base d’un document historique. La seule extrapolation que se permet Maggie O’Farrell est la cause du décès : elle choisit la peste, comme un écho à notre actualité sanitaire teintée d’épidémie. Mais elle arrive si bien à nous entraîner dans ses va-et-vient temporels, à détourner notre attention en usant de poésie, que l’on finit par perdre de vue l’issue fatale et même, à en être surpris. La narration au présent, qui fait la part belle aux accumulations pour amplifier l’effet tragique, est absolument superbe.
Une œuvre en état de grâce.

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Vous voulez plus de fictions sur Shakespeare ? 
Regardez donc le film Shakespeare in love, une irrésistible comédie sentimentale en costumes avec Joseph Fiennes, Gwyneth Paltrow, Geoffrey Rush... 
À découvrir au rayon cinéma !

 

3. Roman 7-10 ans : LES HÉRITIERS DE BRISAINE, TOME 1 par David Bry

Auteur de science-fiction pour adultes, David Bry n’hésite pas à mettre en scène des héros atypiques. Handicap, homosexualité : son œuvre prend des airs de manifeste pour la différence.
Dans le premier tome des Héritiers de Brisaine, sa nouvelle série jeunesse, cette caractéristique est beaucoup moins appuyée. Même si les brimades que le fils du seigneur fait subir aux indigents évoque la lutte des classes, même s’il existe un Ordre de Chevaliers aux allures de despote religieux, l’argument du livre reste une aventure fantasy tout ce qu’il y a de plus classique.

Au village de Trois-Dragons, les créatures magiques ont disparu suite à la guerre entre la Dame du Soleil et le Roi de la Nuit. Depuis, toute forme de magie est prohibée. Il n’y a que la vieille guérisseuse Brisaine pour oser encore en parler. Elle fait le bonheur des trois petits héros, Aliénor, Enguerrand et Grégoire, en leur racontant ce qu’elle sait à ce sujet. Jusqu’au jour où Aliénor disparaît dans la forêt attenante de Bois d’Ombres. Enguerrand et Grégoire vont devoir s’y enfoncer pour secourir la fillette, quitte à réveiller les vieilles malédictions…

On pense à Narnia, à Merlin l’Enchanteur et à tant d’autres encore. Le tout sublimé par les magnifiques illustrations de Noëmie Chevalier, au noir et blanc délicieusement gothique.
Les jeunes lecteurs y trouveront largement leur compte. Dès 9 ans.

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4. Roman ado : OLYMPE DE ROQUEDOR par Jean-Philippe Arrou-Vignod et François Place

La France possède un trésor sous-estimé : ses auteurs jeunesse. Biberonnés aux feuilletonistes du 19e siècle, ils renouent avec la longue tradition du roman d’aventures qui a fait rayonner le pays bien au-delà de ses frontières.
Après Timothée de Fombelle, Jean-Claude Mourlevat ou Yann Fastier, c’est au tour de Jean-Philippe Arrou-Vignod et François Place de nous livrer une pépite littéraire, écrite à quatre mains.

Olympe de Roquedor, c’est un peu comme si Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas avaient rencontré La vouivre de Marcel Aymé. Le pays d’Azeillan, où se déroule le roman, évoque la campagne d’un 17e siècle fantasmé : ses routes poussiéreuses, ses orages soudains, ses sous-bois parfumés, ses croquants superstitieux, ses brigands de grands chemins… rien ne manque pour rendre l’aventure vivante.
Sans parler des dialogues ! Ils sont si fins, si croustillants, si naturels, qu’on rentre d’emblée dans l’histoire. À eux seuls, ils permettent de saisir toute l’originalité des personnages : Olympe, l’héroïne éprise d’indépendance fuyant un mariage forcé ; Foulques , petit nobliau arrogant écrasé par la figure paternelle ; Décembre, irrésistible mélange entre Don Quichotte, Cyrano de Bergerac et Jack Sparrow ; Oost, grand blond dégingandé, un peu stupide, qui fera un improbable allié…

En résumé : 300 pages de pur plaisir, qui laissent quelques questions sans réponse, nous permettant d’espérer une suite prochaine. Dès 12 ans.

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5. Musique : CUZ I LOVE YOU de Lizzo

Lizzo est nue sur la couverture de son album. Elle est sublime et elle a raison de le montrer, de le crier haut et fort.

De formation classique (flûte traversière), elle excelle assez tôt dans le rap et signe en 2016 un contrat chez Atlantic Records. Et justement, vocalement, on retrouve chez elle du Aretha Franklin et du Otis Redding (Jerome) et même du Kid de Minneapolis (CryBaby) toujours avec cette énergie, cette fougue et cette confiance qui lui sont propres.

Elle est femme, noire et ronde. Elle a la rage et beaucoup de choses à dire. Patience… elle est en passe de devenir une véritable icône R’n’b.

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Littérature adulte : nos coups de ♥ du moment…

1. Histoire vécue : LES AVENTURES DE PÉNÉLOPE BOEUF, TOMES 1 & 2 par Pénélope Bœuf 

Dans ces petits romans autobiographiques qui sont le reflet de ses podcasts, Pénélope nous parle de ses envies, de ses doutes, de ses questionnements… autrement dit de sa vie !
Les courts chapitres pleins d’autodérision se dévorent comme les épisodes d’une série  télé.
Surtout, on se retrouve dans plein de situations !
Pénélope nous déculpabilise  et nous rappelle combien il est bon d’être soi, dans toutes nos imperfections.
Bref, les aventures d’une nana qui n’a pas sa langue dans sa poche.
Deux ouvrages frais et légers qui sont toujours bienvenus.

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2. Littérature française : FLORIDA par Olivier Bourdeaut

Florida, c’est l’histoire d’Elizabeth une mini-miss exploitée par sa mère  qui voue une obsession maladive aux concours de beauté, occultant les besoins essentiels de son enfant. Dès l’âge de sept ans, au fil des concours et des années qui passent, la fillette ressent de plus en plus de rancœur envers ses parents : une mère maltraitante pour qui la beauté et le fait de gagner des concours sont la seule chose valable, un père qui reste dans l’ombre…
Jusqu’à ce que sur la scène d’une énième compétition, Elisabeth se rebelle et troque les podiums contre la pension. L’élève brillante et jolie, détestée par ses camarades, se réfugie dans la boulimie, avant que le désir de plaire à un garçon ne lui impose un régime draconien.
Puis l’adolescente rejette ce corps source d’ennuis en devenant  adepte de la musculation effaçant ainsi toute féminité. Mais la performance ne s’arrête pas là… la descente aux enfers est irrépressible.

Ce roman est une réflexion percutante  sur la marchandisation des corps, sur la tyrannie de l’image et la quête d’identité.
Le diktat des apparences est dénoncé à travers l’héroïne qui compense sa fragilité par une maîtrise physique obsessionnelle jusqu’à l’autodestruction.

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Vous voulez plus de mini-miss ?
Regardez donc le film Little miss sunshine, un road-movie tendre et loufoque avec Steve Carell, http://ctlg.mediatheque-lattes.fr/detail-d-une-notice/notice/1400100093Toni Collette, Paul Dano…
À découvrir au rayon cinéma !

 

3. Science-fiction : L'OURS ET LE ROSSIGNOL par Katherine Arden

On a tendance à l’oublier, mais en matière de mythes et de légendes, il n’y a pas que les grecs ! Certes on commence à s’intéresser à la mythologie scandinave depuis que Marvel a transformé le dieu Thor en super-héros. Mais qu’en est-il du folklore russe, riche de nombreuses créatures magiques, de divinités mystérieuses et de contes à foison ?

La trilogie Une nuit d’hiver, écrite par l’américaine Katherine Arden, exploite ce filon. L’ours et le rossignol en constitue le premier tome. Nous y évoluons dans une Russie médiévale, aux limites de l’Histoire et de la fantasy. Dans ce monde rude, dominé par l’hiver, christianisme et vieilles croyances païennes s’affrontent. Vassia, fille d’un seigneur de campagne, communique avec les esprits du foyer, des bois et des lacs. Pour sa belle-mère Anna Ivanovna, ainsi que pour le jeune prêtre Konstantin fraîchement débarqué dans son village, elle n’est qu’une sorcière dont il faut vite se débarrasser. Pour les autres, son père Piotr, sa vieille nourrice Dounia, elle est la digne fille de sa mère, libre et sauvage, héritière d’une magie ancestrale. Mais aussi leur seul rempart contre les menaces surnaturelles venues du fond des âges : un cavalier froid comme la glace, un dieu au visage ravagé, des morts qui reviennent à la vie…

Tous les ingrédients du conte sont présents dans cette réécriture sombre et moderne, où le froid devient palpable, les nuits redoutables et l’angoisse croissante.

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Vous voulez plus de folklore russe ?
Lisez donc la bande-dessinée Le roi des oiseaux, réinterprétation moderne magnifiquement mise en images par l'américain Alexander Utkin.
À découvrir au rayon BD 7-11 ans !

Littérature adulte : double coup de cœur FILS ET FILLE DE…

On connaissait les dynasties d’acteurs ou de chanteurs. Place maintenant à celles d’écrivains ! Les sorties récentes voient s’illustrer les rejetons de deux célébrités du monde littéraire. Le talent se transmet-il de génération en génération ? Verdict tout de suite :

 

1. LÀ OÙ LES ESPRITS NE DORMENT JAMAIS par Jonathan Werber

Dans la famille Werber, il y avait le père Bernard, connu pour sa Trilogie des Fourmis. Il faudra désormais compter sur le fils Jonathan qui semble partager avec papa un certain goût pour le paranormal. En témoigne son premier roman Là où les esprits ne dorment jamais, dont l’histoire se déroule dans l’Amérique du 19ème siècle. On y voit s’affronter les authentiques sœurs Fox, initiatrices du spiritisme, et les tout aussi authentiques frères Pinkerton, à la tête d’une célèbre agence de détectives privés. Ces messieurs veulent prouver que ces dames sont de viles charlatanes qui s’enrichissent sur le dos des foules crédules en leur divulguant de faux messages de l’au-delà. Où comment le match entre Pinkerton et Fox prend des allures de guerre des sexes, d’émancipation féminine. Ironie du sort c’est à une femme que revient la lourde tâche de les départager. L’illusionniste Jenny Marton est recrutée pour infiltrer l’entourage des sœurs Fox  et découvrir les trucs qu’elles utilisent lors de leurs séances. Sauf que plus l’enquête avance, plus les convictions de Jenny sont mises à mal. La solidarité féminine l’emportera-t-elle sur la vérité ?

Tout n’est pas vrai dans cet ouvrage où Werber fils réécrit l’Histoire de façon assumée. Il y a un suspense indéniable à mesure que l’enquête progresse. La question de la filiation est très présente avec les personnages de Jenny et des Pinkerton. Doivent-ils marcher dans les pas de leurs pères comme Jonathan Werber suit les traces du sien ?

On ne boude pas son plaisir de lecture malgré quelques tournures maladroites, dues à la jeunesse de l’auteur.

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2. LES LETTRES D'ESTHER par Cécile Pivot

Est-il encore besoin de présenter l’iconique Bernard Pivot, roi des apostrophes, dieu de la dictée ? Dans son avant-dernier ouvrage Lire, il écrivait en collaboration avec sa fille Cécile, journaliste et auteure à ses heures. Cette dernière nous revient en solo avec le roman Les lettres d’Esther, qui n’est certes pas son coup d’essai, mais qui pourrait bien s’avérer un coup de maître. Car bien que possédant les atours d’un énième feel good, le livre s’en démarque non seulement par sa profondeur, mais aussi par sa forme.
En effet, comme son titre l’indique, Les lettres d’Esther est un roman épistolaire. Autrement dit un recueil de lettres que vont s’échanger les participants d’un atelier d’écriture animé par ladite Esther. Les participants en question sont Jeanne, retraitée militante ; Samuel, adolescent endeuillé ; Jean, affairiste désabusé ; Juliette, maman dépressive, et Nicolas, son compagnon désemparé.

Chacun choisit deux destinataires parmi les autres, et y va de ses confessions, de ses doutes, de ses convictions par la seule magie de ce moyen de communication certes désuet, mais aussi plus intimiste que les réseaux sociaux. Les échanges s’entrecroisent. On a l’impression qu’on va s’y perdre, qu’on en préfèrera certains plutôt que d’autres, mais non, pas du tout, on se laisse porter, on replonge dans chaque histoire avec facilité, on éprouve de la sympathie pour tous les personnages, on les aime parce qu’ils sont imparfaits, qu’ils ont leurs fêlures et qu’ils nous ressemblent. Il y a beaucoup d’émotions dans ces lettres, de l’humour parfois, de l’amertume aussi. Les joies et les drames de la vie. La famille. Les difficultés relationnelles. La résignation face aux choses qu’on ne peut pas changer. La volonté de changer celles qui peuvent l’être.

Un roman dont on ressort avec une furieuse envie de se trouver un correspondant !

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Coups de ♥ adultes : nos lectures de fin d’année…

Non ! Nous n’avons pas fait que festoyer pendant la coupure de Noël ! Nous avons aussi lu. En témoignent les quelques coups de cœur qui suivent :

 

1. Roman policier : PLUS FORT QU'ELLE par Jacques Expert

Cette nuit-là, dans la banlieue chic de Bordeaux, Cécile, 44 ans, est réveillée par une voix familière. Quelques instants après, elle est précipitée dans l’escalier de marbre de sa maison et tuée sur le coup. Immédiatement, la police s’intéresse à la liaison que son mari entretient, depuis trois ans, avec son assistante, Raphaëlle. Liaison pour laquelle Raphaëlle a tout quitté, y compris ses enfants, métamorphosée par cet amour plus fort qu’elle. Qui a tué l’épouse gênante ? Le mari infidèle ? Sa maîtresse éperdue d’amour ? Les deux ensemble ?
Quelle machination est en route pour que le commandant chargé de l’enquête ne puisse démêler cet imbroglio : crime parfait ou pas vraiment ? Et qui manipule qui ?
C’est la question qu’on se pose jusqu’au dénouement final, car Jacques Expert s’amuse à dérouter son lecteur !
Un thriller psychologique addictif !

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2. Littérature étrangère : LA PAPETERIE TSUBAKI et LA RÉPUBLIQUE DU BONHEUR par Ito Ogawa

Depuis le temps que vous nous pratiquez, vous aurez compris qu’à la Médiathèque de Lattes, on aime particulièrement les romans japonais !
Suffit de voir le nombre de coups de cœur consacrés à des auteurs nippons pour s’en rendre compte.
Parmi eux, il y en a une que l’on apprécie particulièrement : Ito Ogawa. Ses livres sont une ode à la douceur, aux moments partagés, aux choses simples de la vie. On y mange beaucoup et bien, on s’y fait des amis, on y suit le rythme des saisons et des traditions.
Toutes ces réjouissances sont évidemment présentes dans La papeterie Tsubaki, ainsi que dans sa bien-nommée suite La république du bonheur.
Poppo, jeune japonaise d’une vingtaine d’années, nous y raconte le retour dans la ville de Kamakura, qu’elle avait quittée des années plus tôt, suite à une brouille avec sa grand-mère. Une grand-mère qui a remplacé ses parents et l’a éduquée comme sa propre fille. Mais qui était aussi d’une grande sévérité comme en atteste le titre pompeux dont l’afflige Poppo : l’Aînée.
À la mort de l’Aînée, Poppo reprend la papeterie familiale, et propose ses services d’écrivain public. Des clients de tous âges s’adressent à elle pour se déclarer, rompre, compatir, exiger… Poppo, avec son perfectionnisme, sa bienveillance et son écoute, se fait leur porte-parole dans ces moments critiques. L’occasion pour elle de nouer quelques amitiés durables, voire plus si affinités. Mais aussi de se réconcilier avec son propre passé, notamment avec l’ombre de l’Aînée…

Dans une interview accordée au magazine Planète Japon, Ito Ogawa révélait que le métier d’écrivain public n’existait pas dans son pays. Mais elle a su si bien l’intégrer au paysage local, en y ajoutant tout un tas de rituels minutieux fidèles à l’esprit japonais, qu’on n’y voit que du feu.
Sa série, pleine de bons sentiments, fait du bien au moral. On croise les doigts pour qu’un troisième tome soit vite publié !

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3. Documentaire : LES TRIBULATIONS D'UNE CUISINIÈRE ANGLAISE par Margaret Powell

À toutes celles et ceux qui ont aimé les séries Downton Abbey et Maîtres & valets un conseil : lisez ce petit livre qui leur a servi d’inspiration !
Margaret Powell y raconte sa vie de cuisinière, à partir des années 1920, au service de riches familles anglaises. Ecrit dans un style cru et direct, dépouillé de toute fioriture, l’ouvrage évoque les origines modestes de l’auteure, ses hésitations de débutante, ses frustrations face aux inégalités sociales, les petites maniaqueries de ses employeurs successifs ainsi que toute la vie des grandes maisonnées de l’époque vue “d’en bas” (en haut les maîtres, en bas les valets).

Sous la plume sans apprêt de Margaret Powell revit un temps désormais révolu, mais vieux d’à peine un siècle.
C’est anecdotique, plein d’humour, croustillant comme une bouchée à la reine. C’est aussi une chronique sociale où l’on découvre la condition du peuple, sans apitoiement mais avec beaucoup de lucidité et de dérision.
Le tout est porté par la personnalité remarquable de l’auteure, une vraie battante qui n’hésite pas à reprendre ses études à presque 60 ans, alors qu’elle a quitté son emploi et fondé une famille, pour avoir des sujets de conversation avec ses enfants aux côtés de qui elle se sent ignare !
Les années de domesticité ont exacerbé son sentiment d’infériorité mais aussi son désir d’élévation.

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Nos coups de ♥ littéraires de la fin d’été…

Quels sont les livres qui nous ont fait craquer en cette fin d’été ? Étrangement, peu de nouveautés. On laisse nos adhérents en profiter en priorité. L’occasion pour nous d’explorer les vieilleries. Après tout, ne dit-on pas que c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe ? Alors, prêts à vous régaler ?

 

1. Le secteur adulte vous propose : IL ÉTAIT DEUX FOIS de Frank Thilliez

En 2008, Julie, dix-sept ans, disparaît en ne laissant comme trace que son vélo posé contre un arbre. Le drame agite Sagas, petite ville au cœur des montagnes de Savoie, et percute de plein fouet le père de la jeune fille, le lieutenant de gendarmerie Gabriel Moscato. Ce dernier se lance alors dans une enquête aussi désespérée qu’effrénée…

Un thriller bien construit, qui aborde le thème de l’illusion et de l’amnésie suite à un stress intense. Une intrigue découpée tel un puzzle. Du Thilliez comme on l’aime ! Et une vraie nouveauté par-dessus le marché !

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2. Notre saisonnier de l'été vous propose : MEG de Steve Alten

Meg de Steve Alten est à la fois un roman d’aventure et d’exploration maritime. On y suit le personnage de Jonas Taylor, un paléobiologiste et pilote de submersible travaillant pour la Navy. Il est traumatisé par sa dernière plongée au cours de laquelle il a aperçu un Carcharodon megalodon – plus communément appelé Meg – dans les profondeurs de la Fosse des Mariannes. Le Meg, ancêtre des grands requins blancs, long de dix-huit mètres pour vingt tonnes, est considéré comme le plus féroce prédateur de toute l’histoire. Rescapé de la plongée, Jonas clame alors sa découverte : l’espèce Carcharodon megalodon, que l’on pensait disparue, existe bel et bien. Mais ses employeurs, pensant qu’il a perdu la raison, le renvoie. Jusqu’au jour où un biologiste marin, Masao Tanaka, propose à Jonas de replonger dans la Fosse des Mariannes, afin de prouver sa découverte…

Ce livre plaira aux fans de Jurassic Park, ou encore à ceux des Dents de la mer. Le côté préhistorique et “chasse au gros poisson” est effectivement très présent dans le livre et rappelle plusieurs scènes des deux classiques signés Steven Spielberg. Les passionnés de Jules Verne y trouveront également leur compte grâce aux nombreuses scènes sous-marines évoquant Vingt mille lieues sous les mers.

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3. Les secteurs adulte et jeunesse s'associent pour vous proposer : un double coup de ♥ sur le thème QUAND JANE AUSTEN RIME AVEC MAGIE !

Imaginez Jane Austen prenant le thé avec les frères Grimm et Napoléon Bonaparte. Bien sûr, cette rencontre historique n’a jamais eu lieu. Mais elle aurait pu, vu que ces quatre-là ont tous été contemporains. Bref, de quoi parleraient nos improbables convives pour accompagner leur earl grey ? De mœurs, de magie et de conquêtes, bien sûr !
Imaginez encore qu’un petit malin ait épié leur conversation et décidé d’en faire un livre. Cela aurait sans doute donné Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke. Car ce roman-univers (plus de mille pages !) contient tous les sujets susmentionnés : satire de la bonne société anglaise de la fin 18ème-début 19ème siècles ; renaissance d’une magie ancestrale donnant lieu à un débat idéologique entre un maître jaloux de son savoir et son élève prodige ; récit de batailles napoléoniennes pas tout à fait fidèles à la réalité, la magie venant en perturber le cours…
Foisonnant, érudit, passionnant, Jonathan Strange & Mr Norrell réunit les meilleurs ingrédients de ce que la littérature anglaise est capable de produire. Son auteure, Susanna Clarke, y fait preuve d’une imagination inépuisable. En témoigne le nombre ahurissant de notes de bas de page qui viennent enrichir le texte principal, sous la forme de contes de fées.
LE roman qu’on aimerait voir ne jamais s’arrêter. À découvrir sans tarder au rayon adulte !

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Côté littérature jeunesse, on constate avec étonnement que l’oeuvre de Jane Austen est source d’inspiration pour nombre de nouveaux auteurs. C’est le cas d’Alison Goodman, avec sa série Lady Helen. Dès les premières pages, Alison Goodman revendique haut et fort son amour précoce pour la période de la Régence anglaise, théâtre des romans de Miss Austen, et de l’épopée napoléonienne. Un amour qui n’est pas feint comme le prouve la reconstitution fidèle et détaillée de cette époque. On prend plaisir à suivre la jeune Lady Helen Wrexhall dans ses mondanités entre bals, promenades au parc, présentation officielle à la reine et  quête du meilleur parti conjugal. Mais aussi vexations diverses, liées à la condition féminine dans cette période conservatrice.
À cela vient s’ajouter l’élément fantastique : Lady Helen se découvre des pouvoirs hors du commun. Des pouvoirs qu’elle a hérité de sa mère et qui font d’elle l’objet de convoitise d’une mystérieuse société secrète, luttant contre de vicieux démons : le Club des Mauvais Jours. Si ce versant du roman est un peu excessif et parfois trop en décalage avec le volet historique, il n’en reste pas moins intéressant car il incarne pour notre héroïne une voie de salut, vers l’affranchissement des normes sociales.
Un roman jeunesse, certes, mais très mature dans son style et dans les thèmes abordés. À réserver aux plus âgés, 14 ans et au-delà !

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Thématique “Sorcières” : nos coups de cœur…

Vos bibliothécaires adorés vous proposent de découvrir leurs coups de cœur en lien avec la thématique “Sorcières” mise en avant depuis le déconfinement :

1. Littérature adulte : UN BÛCHER SOUS LA NEIGE de Susan Fletcher

1692. Année traumatisante dans l’histoire des sorcières, inévitablement associée au nom de Salem, à l’hystérie collective, aux simulacres de procès, aux exécutions sommaires. Ça c’est pour le Nouveau Monde.
Et dans la vieille Europe ? Pas plus réjouissant ! Le roman Un bûcher sous la neige nous en donne un aperçu. Il nous emmène sur les landes sauvages d’Ecosse, au-delà d’une Angleterre crasse et obscurantiste. En 1692, le village de Glencoe a été le théâtre d’un massacre. Quasiment tout le clan MacDonald y est passé. Mais ces MacDonald, qui sont-ils ? Des querelleurs. Des fauteurs de troubles. Des partisans du roi Jacques II qui a fui en France après l’usurpation de Guillaume d’Orange. Personne ne les regrettera. Personne sauf Corrag la sorcière. Elle a survécu au massacre. Elle est aux fers. On va la pendre. Le révérend Charles Leslie a fait un long voyage pour recueillir son témoignage. Il veut savoir ce qui s’est réellement passé à Glencoe. Il y a des enjeux politiques derrière tout ça. Corrag accepte de lui révéler ce qu’elle sait. Mais d’abord il faudra que le révérend écoute l’histoire de sa vie. L’histoire de sa mère, femme bien trop libre et bien trop indépendante pour l’époque. L’histoire de sa fuite vers l’ouest sur le dos de sa jument grise. L’histoire de sa survie au contact d’une nature rude et magnifique. L’histoire de tous les marginaux qui ont croisé son chemin et en qui elle s’est retrouvée. Enfin l’histoire de ces rustres highlanders qui l’ont accueillie, elle, l’étrangère, elle, la sorcière.
Un bûcher sous la neige est un roman de femmes, de nature, de solitude, de liberté, d’Histoire… un roman émouvant. Corrag est une héroïne attachante par sa fragilité et la simplicité de ses croyances. Son rapport au monde est d’une grande profondeur. Sa volonté d’y trouver sa place, universelle.

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2. Documentaire adulte : SORCIÈRES, LA PUISSANCE INVAINCUE DES FEMMES de Mona Chollet

Une place… à condition de s’y tenir ! C’est le cruel constat qui émerge à la lecture du galvanisant essai de Mona Chollet, Sorcière : la puissance invaincue des femmes. Partant d’un fait historique établi, l’Inquisition, la journaliste en propose une relecture anthropologique inédite. Si l’idée selon laquelle la sorcière peut être considérée comme un symbole des femmes opprimées n’est pas nouvelle – Jules Michelet ayant développé cette thèse dès 1862 dans son livre La sorcière – Mona Chollet prolonge la réflexion pour en livrer une analyse sociologique. De ce travail de déconstruction ressort que les attentes de la société envers les femmes n’ont au fond pas vraiment évolué en deux siècles : maternité, soumission, beauté*. Et gare à celles qui s’écartent de la Sainte Trinité… Mais pourquoi tant de haine ? Par ignorance du féminin, et par peur. Car savoir, c’est pouvoir : les femmes, détentrices d’un savoir inédit, sont donc fabuleusement, dangereusement puissantes… Et La peur de quelque chose est la graine qui mène à la haine des autres, et la haine portée en soi finit par détruire celui qui la nourrit **. En réhabilitant la figure de la sorcière et en la sortant de son statut de victime, Mona Chollet déplace donc le curseur de la force, conférant à la femme toute sa place. Un essai lumineux et éclairant.

* A ce sujet nous vous recommandons la lecture du passionnant essai de l’auteur consacré au sujet, Beauté fatale.

** George Washington Carver, dont la citation passera à la postérité grâce à Maître Yoda dans La menace fantôme (1999)

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3. Littérature jeunesse et cinéma : KIKI LA PETITE SORCIÈRE de Eiko Kadano et Hayao Miyazaki

Louées soient les éditions Ynnis ! Grâce à elles, le public français va enfin découvrir ce grand classique de la littérature jeunesse japonaise : Kiki la petite sorcière ! Série en 6 tomes, inédite en France, nous y suivons Kiki, apprentie sorcière de 13 ans, au moment où elle quitte ses parents. En compagnie de son chat Jiji, l’adolescente enfourche de nuit son balai à la recherche d’une ville où s’installer. C’est la tradition chez les sorcières. Mais choisir sa ville ne fait pas tout. En plus de s’établir, il faut mettre ses talents au service de la population. Or, des talents, Kiki n’en possède pas tant que ça. La seule chose magique qu’elle sait faire, c’est voler ! Heureusement que la boulangère Osono est là pour la guider. Grâce à ses conseils, Kiki trouve la solution : elle fera de la livraison à domicile sur son balai volant ! L’occasion de se faire plein d’amis et de démêler des situations plus farfelues les unes que les autres !
Une vraie friandise à lire, simple, gentille, légère, plus inspirée des classiques jeunesse occidentaux que du folklore japonais, et qui a contribué à créer, au pays du soleil levant, une iconographie de la sorcière toujours actuelle.

Mais on ne saurait parler de Kiki la petite sorcière, sans évoquer l’adaptation cinématographique du maître Miyazaki. Sortie en 1989, soit 4 ans après la parution du livre, elle en respecte l’esprit, surtout l’introduction très fidèle à l’original, tout en revisitant nombres d’épisodes dans la suite du récit.
Une fois de plus, les studios Ghibli livre une oeuvre enchanteresse, visuellement splendide et agréablement mis en musique par l’incontournable Joe Hisaishi. Les décors de la ville, ses maisons fleuries, ses commerces et ses automobiles rétro sont particulièrement soignés et détaillés. On aurait presque envie de prendre un billet pour aller y séjourner !
Pas étonnant qu’Eiko Kadono, initialement opposée aux changements apportés par le célèbre studio de dessins animés, ait finalement été séduite par un tel résultat !

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4. Bande-dessinée : SACRÉES SORCIÈRES de Pénélope Bagieu

Un petit garçon orphelin vit avec sa grand-mère excentrique, fumeuse de cigare. Cette dernière lui révèle un secret : les sorcières existent, elles sont parmi nous et s’en prennent aux enfants… et ce n’est pas une blague !
La dessinatrice Pénélope Bagieu s’attaque au chef d’oeuvre de la littérature jeunesse du Britannique Roald Dahl (1916-1990), Sacrées sorcières. Elle s’inscrit d’abord dans une forme de continuité, en profitant de l’expertise du petit-fils de l’auteur, Luke Kelly. Le fil narratif reste inchangé : l’orphelin, la grand-mère loufoque et attachante, les sorcières qui masquent leur apparence horrifique sous un profil de normalité, le dessein morbide de tuer tous les enfants après les avoir réduits à l’état de souris, etc. L’autrice fait ensuite honneur au livre en créant un ouvrage dense, aux traits vifs, colorés et expressifs. Elle n’édulcore pas non plus les aspects sombres : la mort, omniprésente, que ce soit à travers l’accident des parents, l’action des sorcières ou l’âge de la grand-mère qui préoccupe le petit-garçon. Elle reste fidèle aussi à l’esprit déjanté : la grand-mère trop maquillée, fumeuse compulsive dont les traits traduisent générosité et amour.
Par ailleurs, elle s’affranchit du roman pour faire entrer Sacrées sorcières dans le XXIe siècle. Le petit garçon sans prénom va se faire une amie qui ne figurait pas dans le roman original. L’autrice reste cette artiste résolument féministe, déterminée à faire voler en éclats clichés et stéréotypes à travers ce personnage de petite fille foncièrement bonne, courageuse et autonome. De plus, les dialogues sont adaptés au ton d’aujourd’hui, mais sans effet de modernité abusive. Enfin, Pénélope Bagieu donne une véritable identité visuelle à l’histoire, s’affranchissant habilement des dessins de Quentin Blake, l’illustrateur des romans de Roald Dahl.
Presque 40 ans après sa sortie, Sacrées sorcières s’offre une adaptation flamboyante, qui non seulement ravira les jeunes lecteurs, mais agira aussi comme une madeleine de Proust sur les adultes.

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5. Manga : FLYING WITCH de Chihiro Ishizuka

On parlait du prototype de la sorcière créé par Eiko Kadano dans son oeuvre Kiki la petite sorcière. On en retrouve des traces dans le manga Flying Witch. Son héroïne, Makoto, plus âgée de 2 ans que Kiki, suit le même chemin qu’elle, mais en sens inverse : elle se met au vert pour parfaire son apprentissage de sorcière, et gagner son indépendance.
Avec 7 tomes publiés à ce jour, la série Flying Witch est une véritable ode à l’amitié et à la famille, à la douceur de vivre et à la vie au contact de la nature, aux instants partagés et à la rêverie. Rêverie parce que la magie  que côtoient Makoto et ses proches en a tout l’air. C’est une magie innocente qui colore le quotidien comme une imagination fertile, une vision merveilleuse du monde. Avec elle, les nuages deviennent des baleines volantes, vestiges d’anciennes civilisations, on pourchasse les raies géantes qui se cachent dans les flaques de pluie, les cheveux noirs des demoiselles permettent d’invoquer des corbeaux, les petits garçons font pleuvoir dans la maison quand ils pleurent.
Pas d’intrigue suivie, de lutte contre le mal et de héros prophétiques, juste une succession de tableaux plus créatifs les uns que les autres, histoire de prendre son temps, de déguster la magie de la vie…

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