Coup de ♥ littérature adulte : LA TRILOGIE DE TOBY JUG de Denis O’Connor

“L’esprit de Toby Jug demeure présent dans chacun de ces arbres et de ces pierres.”

Tome 1 (Cote : R. OCO 1)

Présentés lors de la récente thématique sur les chats, les livres de Denis O’Connor forment une vraie-fausse trilogie. Vraie parce que les événements qu’ils relatent décrivent une suite chronologique. Fausse parce qu’ils peuvent se lire indépendamment, sans chevauchement ni lacune grâce au talent de l’auteur, bien que rien ne vaille de commencer par le commencement !

Et donc, au commencement était À pas de velours. Où l’on découvre comment Denis O’Connor, jeune professeur anglais, s’installe au cottage de la Hulotte et sauve la vie d’un chaton nouveau-né par une sombre nuit d’hiver. Nous sommes dans les années 60. Le chaton en question deviendra Toby Jug. À moitié maine coon, il nouera une relation si exceptionnelle avec l’auteur, que ce dernier en sera marqué à vie.

Tome 2 (Cote : R. OCO 2)

Vous l’aurez compris, les écrits d’O’Connor sont autobiographiques. Ils n’en possèdent pas moins les qualités d’un roman, à commencer par la fluidité. Ce qui les rend si plaisants à lire, ce n’est pas tant l’attachement d’un homme pour son animal de compagnie, que la découverte de la vie à la campagne, au rythme des saisons. Soit un pur concentré de l’Angleterre que l’on aime : bucolique, paisible, gourmande et douillette, pour ne pas dire cosy.

Denis O’Connor s’y révèle un homme en avance sur son époque, très sensible à la cause animale et environnementale. En témoigne son sabotage de la chasse à la loutre, ou les soins prodigués à la jument Lady May, décrits dans le second tome, Un chat dans le cœur. C’est aussi un sage à sa façon, ouvert au paranormal comme le prouve sa rencontre avec la sorcière de Rampton Hall, toujours dans le même tome.

Tome 3 (Cote : R. OCO 3)

On sent que cette vie de jeune célibataire au cottage de la Hulotte représente pour lui l’âge d’or. Si bien que vingt après, il n’hésite pas à retourner s’y installer avec son épouse. C’est le propos de Quatre chats dans le cœur dans lequel se succèdent quatre nouveaux compagnons à poils. Des félidés bien sûr ! Maine coon, de surcroît ! Leurs facéties n’ont pas fini d’éveiller le souvenir du regretté Toby Jug, que Denis fait revivre une dernière fois via des anecdotes inédites, pour notre plus grand plaisir de lecteur !

 

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On a vibré pour UNE HISTOIRE DES ABEILLES de Maja Lunde

“Pour vivre en harmonie avec la nature, nous devions nous libérer des pulsions propres à notre espèce. Or l’éducation avait un rôle à jouer dans cette prise de conscience.”

Trois héros malgré eux : William, chercheur dépressif ; George, apiculteur aux manières “d’espèce disparue” ; Tao, pollinisatrice d’arbres fruitiers.
Trois époques : 1851 pour le passé ; 2007 pour le présent ; 2098 pour le futur.
Trois nations : l’Angleterre victorienne ; les États-Unis agricoles ; la Chine post-apocalyptique.
Un drame universel qui les implique tous : l’inéluctable disparition des abeilles. Celle qui entraînera la raréfaction dramatique des ressources alimentaires. Celle qui causera la chute des civilisations.
Voilà ce que nous propose Maja Lunde dans sa passionnante Histoire des abeilles, habile mélange d’écofiction, de roman d’anticipation et de chronique familiale.

Que l’on soit ou non sensible à l’écologie, on est immédiatement embarqué dans ce récit où les voix des trois héros alternent d’un chapitre à l’autre. Des héros auxquels on s’attache d’emblée, parce qu’ils sont aussi humains, caractériels et imparfaits qu’on puisse l’être. Et parce que la famille est au centre de leurs préoccupations autant que le drame écologique qui s’insinue dans leur quotidien. Famille et cataclysme sont liés. L’un et l’autre forment chacun une moitié de l’héritage.

De la même façon, que l’on apprécie ou non la science-fiction, on adhère facilement à l’histoire. Parce que la science-fiction employée ici est légère. Et surtout parce qu’elle sert à décrire un futur plausible, conforme à celui que nous promettent les scientifiques étudiant la dégradation de l’environnement. Mais avec une lueur d’espoir en conclusion, où même ce que l’on croyait raté trouve sa raison d’être. Car nous avons tous notre rôle à jouer dans cette affaire.

Pour les amateurs de science-fiction, signalons tout de même que l’œuvre de Lunde possède un je-ne-sais-quoi du Cloud Atlas* de David Mitchell, porté à l’écran par les Wachowski en 2012. Dans l’installation progressive d’une catastrophe planétaire. Dans l’interpénétration des époques, des destins et de leur aboutissement.

*disponible dans votre médiathèque au rayon Cinéma

FICHE TECHNIQUE :
Titre : Une histoire des abeilles
Auteur : Maja Lunde
Pays : Norvège
1ère année de publication : 2015
Éditeur : Pocket

Cote : SF. LUN

 

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Coup de ♥ littérature adulte : Fabcaro sort de sa bulle !

Et oui nous parlons bien du même auteur, Fabrice Caro alias Fabcaro, celui qui nous a fait rire dans la bande-dessinée Zai Zai Zai, unanimement plébiscitée. L’auteur de BD signe cette fois son deuxième roman Le discours, publié aux éditions Gallimard dans la collection Sygne.
Très agréable à lire, il nous plonge dans un interminable repas de famille. Le récit à la première personne d’un huis clos familial, mêlant mélancolie et comédie, au cœur des tribulations intérieures d’un “quadra” en quête d’espoir.

Cet antihéros, Adrien, fête ses quarante ans chez ses parents en présence de sa sœur Sophie et de son futur beau-frère Ludovic. Entre gratin dauphinois et échanges sans intérêts, Adrien se livre alors à un réel combat intérieur pour survivre à ce déjeuner familial anxiogène. Et le coup de grâce est donné dès le début du repas, lorsque justement Ludovic, le beau-frère,  exprime une requête auprès d’Adrien, qui va prendre des proportions démesurées : “Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie.” 
Plutôt introverti et mal dans sa peau, il n’en fallait pas moins pour anéantir ce quarantenaire. Parler en public devant un parterre d’invités aux têtes inconnues, pendant la cérémonie de mariage de sa sœur, c’est plus qu’il ne peut supporter ! Et puis comment lui demander ça à lui, aujourd’hui, alors qu’il vient de se séparer de Sonia ? Comment vanter l’amour et l’engagement alors qu’il navigue lui-même dans les flots d’une récente rupture ?

C’est avec un style simple, direct, sans fioritures, que Fabrice Caro fait passer de belles émotions où se mêle une bonne dose d’humour. Il manie à merveille le running gag et l’art de la chute. Il sait aussi soudainement partir en vrille dans l’absurde. Au passage, il raille la mièvrerie contemporaine, type “la vie est un vélo rouge sans petites roues”, les petites lâchetés amoureuses au temps du SMS, et les convives insupportables qui vous parlent du permafrost pendant des heures.

En un mot comme en mille, c’est bien la première fois qu’on aurait aimé qu’un discours de mariage soit plus long ! Le discours est en quelque sorte un panaché de tous nos petits travers relationnels, de notre incapacité à communiquer nos failles, un roman qui raconte l’Humain et où l’on rit du début à la fin en s’apercevant que, finalement, c’est peut-être bien de nous dont on rit le plus…

Référence :
Le discours, de Fabrice CARO, éditions Gallimard (2018)
Cote : R. CAR
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On a dompté LE POUVOIR DU CHIEN de Thomas Savage

“On est ce qu’on est, on fait ce qu’on est obligé de faire, et on finit comme le sort le veut.”

Il y a des héros de romans qui sont de véritables ordures. Vous devriez les haïr. Et pourtant vous vous attachez à eux. Vous êtes à l’affût de leur prochain coup bas.
C’est le cas de Phil Burbank, cow-boy quadragénaire mis en scène par Thomas Savage dans son Pouvoir du chien. Disons-le sans ambages : Phil est un beau salopard. Personne ne trouve grâce à ses yeux. Ni les “chochottes”. Ni les Juifs. Ni les Indiens. Ni ces étrangers naïfs qui envahissent les terres du far-west sans se douter de ce qui les attend. Personne donc, sauf Bronco Henry, le cow-boy qui l’a formé dans sa jeunesse et que Phil a érigé en modèle de virilité. Et un peu aussi son frère George, surnommé affectueusement “Gras-double”, avec qui Phil gère le ranch familial.

Le pouvoir du chien décrit un univers triplement rude. Rude le paysage. Rude le climat. Rudes les hommes. Il s’ouvre sur une scène choc qui donne le ton : la castration des bœufs, orchestrée par un Phil expert en la matière. S’ensuit une autre castration : celle du brave docteur Johnny Gordon. Castration morale cette fois-ci. À laquelle Phil (encore lui) n’est pas totalement étranger. Mais qui poussera tout de même le brave toubib au suicide.

Alors quand “Gras-double” s’entiche de la veuve du défunt et qu’il la ramène au ranch, c’est comme une déclaration de guerre. Mais pas une guerre avec du bruit et de la fureur. Une guerre psychologique qui prend des allures de tragédie grecque, et dont la clé pourrait bien être Peter, le fils du toubib trépassé.

Si le livre fut salué par la critique à sa sortie, il ne rencontra pas le succès auprès du public. Peut-être parce qu’il dynamite le stéréotype du cow-boy au grand cœur et interroge les limites de l’Amérique profonde des années vingt  : quelle place pour les femmes dans ce monde où testostérone fait loi ? Quelle vie pour les Indiens spoliés ? Quid du rêve américain dans ces territoires arides qui prennent plus qu’ils ne donnent ?

FICHE TECHNIQUE :

Titre : Le pouvoir du chien
Auteur : Thomas Savage
Pays : États-Unis
1ère année de publication : 1967
Éditeur : Belfond

Cote : R. SAV
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Coup de ♥ littérature : WONDER, de R.J. Palacio

C’est l’histoire d’August Pullman, un petit garçon de 10 ans né avec une malformation faciale, ce qui lui donne un visage plutôt effrayant. Il n’est jamais allé à l’école.

Lors de son entrée au collège, il est rejeté par les autres parce qu’il n’est pas comme eux. Il rencontre Jack et Summer qui deviennent ses seuls amis. Mais une rumeur circule selon laquelle celui qui le touche attraperait la peste. Mais en fin d’année la situation s’inverse, tous le monde l’accepte tel qu’il est.

J’ai aimé ce livre car la situation de ce jeune garçon m’a touchée, malgré sa différence il arrive à se faire accepter par les autres.

Agathe (notre stagiaire de 3ème)

Références
Titre : Wonder
Auteur : R.J. Palacio
Editeur : Fleuve noir
Année de publication : 2013
Cote : R. PAL
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