Coup de ♥ DVD : MIRAI, MA PETITE SOEUR, de Mamoru Hosoda

Japanime : un mot-valise pour un coup de cœur dépaysant ! Mirai, ma petite sœur, nous vient en effet tout droit du Japon, où le film d’animation est une industrie (qui a bercé l’enfance de toute une génération à coup de kamehameha ravageurs) mais aussi un art à part entière, avec ses réalisateurs stars et ses studios phares.

Passé par le mastodonte Toei Animation (à qui l’on doit les cultissimes Dragon Ball, Sailor Moon ou plus récemment One piece) et par les studios Ghibli, Mamoru Hosoda a longtemps été considéré comme l’héritier de Miyazaki. Si son trait se rapproche effectivement de celui du Maître, il a su développer un univers à part entière, qui mêle l’imaginaire à l’ordinaire pour en révéler toute la poésie*.

C’est finalement cet art de la nuance qui caractérise le mieux l’œuvre du réalisateur. C’est ainsi que, dans un pays fortement marqué par l’antagonisme entre tradition et modernité, Hosoda refuse la confrontation et lui préfère la synthèse : si le titre du film, Miraï, signifie avenir, c’est à l’ancienne qu’il travaille ses dessins, tous minutieusement réalisés à la main. La finesse du trait n’a d’égal que la précision des détails : la maison, modèle de réalisme (dont le plan a été travaillé avec un véritable architecte !), va paradoxalement devenir le théâtre de l’imagination du petit Kun, tout juste promu grand frère, et qui voit l’arrivée de sa petite sœur Miraï d’un mauvais œil…

Mais au-delà de Kun et de son attendue jalousie, c’est chacun qui doit trouver sa place au sein de la famille. Une des forces du film réside d’ailleurs dans cette honnêteté : une naissance est un séisme pour les enfants autant que pour les adultes. Aucune difficulté n’est éludée : fatigue des parents, crises de colère de l’enfant, logistique**… Chaque problème est traité avec toute l’attention et la légitimité qu’il mérite, sans manichéisme, permettant une totale empathie avec chacun des personnages.

Foisonnant, Miraï, ma petite sœur, aborde également en filigrane des thèmes aussi variés que le handicap, la guerre, la filiation…

Un film d’une grande finesse et d’une rare humanité, à partager en famille !

* C’est ainsi que le groupe LVMH s’est alloué les services de ce réalisateur connu et reconnu pour signer un (très joli) spot publicitaire pour sa marque Louis Vuitton. Car le propre du luxe n’est-il pas de faire rêver le commun des mortels (et ainsi d’accessoirement s’assurer l’audience la plus large possible dans cet el dorado financier que représente le Japon pour le très prosaïque secteur du luxe…).

** c’est assez rare pour le souligner : c’est ici le père qui s’occupe des enfants et travaille à la maison tandis que la mère reprend le travail. A cet égard aussi le film fait preuve de modernité dans ses représentations.

Référence
Miraï, ma petite soeur, de Mamoru HOSODA (2018)
Cote : A HOS

 

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Du cinéma & des bonnes résolutions

Qu’il nous paraît déjà lointain, ce 1er janvier où, l’esprit plus ou moins embrumé, mais résolument optimiste, nous avons décidé de nous lancer ce pari un peu fou : changer. Et en mieux en plus !

Alors pour vous soutenir dans vos efforts (et allier l’utile à l’agréable !) nous vous proposons quelques films sur le thème des traditionnelles bonnes résolutions. L’occasion aussi, au passage, de vous présenter un petit florilège des achats 2018.

Allez courage, on dit qu’il faut 21 jours pour adopter une nouvelle habitude, vous y êtes presque !

1- Faire du sport

> L’ascension, de Ludovic Bernard (2017) & Good luck algeria, de Farid Bentoumi (2016) : qu’il s’agisse de dévaler les pistes ou d’escalader les sommets, ces deux films vous offrent une virée aux sports d’hiver
> Free to runde Pierre Morath (2016) : un documentaire passionnant sur l’histoire de la course à pied.
> Comme des garçons, de Julien Hallard (2018) : une sympathique comédie familiale qui prouve que oui, on peut être une femme et jouer au foot !
> Les rebelles du foot, de Gilles Rof et Gilles Perez : portraits de 5 joueurs engagés.

2- Se déconnecter

> Unfriended, de Levan Gabriadze (2014) : traitant du cyber-harcèlement, ce film se déroule entièrement sur un écran d’ordinateur. Une expérience cinématographique surprenante.
> Ex-machina, d’Alex Garland (2014) : l’expérience de l’Intelligence Artificielle poussée à son paroxysme.
> Internet, la pollution cachée, de Coline Tison, Laurent Lichtenstein (2012) : “l’Effet papillon” au bout de nos souris…

3- Soigner ses névroses

> Jalouse, de David et Stéphane Foenkinos (2017) : Karine Viard en mère jalouse de sa fille. A la fois dérangeant et bien vu.
> L’amant double, de François Ozon (2017) : torturé, machiavélique, pervers… Impossible de rester indifférent !
> Augustine, d’Alice Winocour (2012) : une page de l’histoire de la psychiatrie interprétée par
> Psy, de Philippe de Broca (1980) : une comédie délicieusement kitsch servie par Patrick Dewaere et Annie Duperey, en grande forme.

4- Perdre du poids & manger sainement

> Chefs. Saison 1 (2015) : plongée dans la vie d’une brigade. Trépidant.
> La grande bouffe, de Marco Ferreri (1973) : un brûlot qui fit scandale à Cannes…
> Grave, de Julia Ducournau (2016) : un film d’horreur français original qui vous donnera envie de vous convertir au végétarisme.
> Sugarland, de Damon Gameau (2018) : ce documentaire sur les méfaits du sucre vous dissuadera de finir les boîtes de chocolats de Noël…

5- Consommer moins et mieux

> Downsizing, d’Alexander Payne (2017) : une solution originale pour remédier aux crises sociale et environnementale !
> Mr Selfridge. Saison 1 (2013) : une bonne manière de faire du shopping par procuration !
> Ma vie zéro déchet, de Donation Lemaître (2015) & Food Coop, de Tom Boothe (2016) : des pistes pour consommer autrement.

6- Arrêter de râler & cultiver son optimisme

> Le sens de la fête, d’Eric Toledano et Olivier Nakache (2017) : pour Jean-Pierre Bacri, le roi des râleurs et autres bougons !
> Tout le monde debout, de Franck Dubosc (2018) : une tendre comédie romantique sur le thème handicap.
> Les bêtises, de Rose et Alice Philippon : un “film-good” poétique qui louche du côté du Tati.

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Coup de ♥ DVD : LES BÊTISES, de Rose & Alice Philippon

Des fameux bonbons cambrésiens, Les bêtises en ont la fraîcheur et la douceur. Juste ce qu’il faut de sensibilité pour aborder un sujet délicat : l’adoption. François (Jérémy Elkaïm, lunaire et désarmant de candeur) est prêt à tout pour rencontrer sa mère biologique. Même à se faire passer pour un serveur embauché à l’occasion d’une fête donnée chez elle. De maladresses en bévues, cet invité surprise va chambouler la réception, qui va prendre une tournure pour le moins inattendue…

Premier film des sœurs Philippon, cette comédie porte un regard tendre sur la famille, ses petits secrets et ses gros arrangements. Et quelle famille : Jacques Weber (le père, débonnaire), Anne Alvaro (la mère), Jonathan Lambert et Alexandre Steiger (les frères) y campent une galerie de personnages haut en couleurs. Sans oublier Sara Giraudeau, la (pauvre !) barmaid et binôme de François pour qui elle va vite prendre fait et cause malgré sa gaucherie…

Et l’oncle ? C’est Tati bien sûr, dont la fantaisie et le burlesque imprègnent le film. Sa folie douce infuse petit à petit, jusqu’à une scène finale désopilante… Un film léger et pétillant comme du champagne !

Référence
Les bêtises, de Rose et Alice PHILIPPON (2015)
Cote : F PHI
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Coup de ♥ DVD : PADDINGTON 2, de Paul King

Paddington serait-il devenu un ours mal léché ? Accusé d’avoir dérobé un précieux pop-up chez un antiquaire, le célèbre plantigrade est jeté sans ménagement en prison, où il s’accoquine très vite avec les pires crapules… Mais attention, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué… Car la famille Brown, convaincue de l’innocence de leur protégé, va se lancer dans une rocambolesque mission sauvetage !

L’enquête, menée tambour battant dans un Londres de carte postale, alterne avec des moments de pure comédie où Paddington, entre candeur et gaucherie, enchaîne maladresses et quiproquos pour notre grand plaisir ! Mais l’ourson n’est pas seulement attachant ; il est aussi saisissant de réalisme, tant et si bien qu’on en oublie qu’il s’agit d’une image de synthèse. Signés Framestore (studio qui a également travaillé sur Avatar , Gravity ou encore la saga Harry Potter), les effets numériques sont parfaitement intégrés aux décors et au jeu des acteurs.

La réalisation est donc élégante – couleurs chatoyantes, décors soignés, costumes pimpants – et le casting à l’avenant : Hugh Bonneville (vu dans Downton Abbey), Sally Hawkins (figure de proue du cinéma indépendant britannique), Julie Walters (alias Molly Weasley, la maman de Ron dans Harry Potter)… Et, cherry on the cake, un Hugh Grant en grande forme ; il faut le voir faire son miel de son personnage d’acteur sur le retour “méchamment mégalo” !

Alors, vous reprendrez bien un toast with marmelade, dear ?

Référence
Paddington 2, de Paul King (2017)
Cote : F PAD
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Coup de ♥ DVD : BROOKLYN VILLAGE, d’Ira Sachs

Little Men in Brooklyn Village : la combinaison du titre original et de sa « traduction » française reflète parfaitement le synopsis. Ces bonhommes dont il est question, ce sont Tony Calvelli et Jake Jardine, deux garçons à l’orée de l’adolescence. Quand ces deux là se rencontrent, la complicité est immédiate. Et, comble de chance, ils deviennent même voisins ! Car, à la faveur d’un héritage, les Jardine deviennent propriétaires de l’immeuble et y emménagent.

Mais cette amitié fulgurante va rapidement venir se heurter aux problèmes des adultes. Car si entre les garçons l’entente est parfaite, il n’en va pas de même entre Mme Calvelli et le couple Jardine, qui souhaite lui augmenter son loyer, provoquant par là un départ inexorable…

Ira Sachs signe ici un film tout en nuances, chaque personnage réservant sa part d’ombre et ses contradictions… En plus d’être fin portraitiste, Sachs manie avec délicatesse l’art de la chronique, nous livrant en filigrane une radiographie du monde contemporain. Sous couvert d’aborder les thèmes de la gentrification et du passage de l’enfance à l’adolescence, il nous donne à voir un cinéma de l’entre-deux, où la douceur le dispute à l’amer.

Et comment terminer sans décerner une mention particulière pour les deux jeunes acteurs qui incarnent Tony et Jake (respectivement Michael Barbieri et Theo Taplitz), remarquables de justesse. Brooklyn Village : Little BIG Men !

Référence
Brooklyn Village, d'Ira Sachs (2016)
Cote : F SAC
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