Coup de ♥ DVD : LES BÊTISES, de Rose & Alice Philippon

Des fameux bonbons cambrésiens, Les bêtises en ont la fraîcheur et la douceur. Juste ce qu’il faut de sensibilité pour aborder un sujet délicat : l’adoption. François (Jérémy Elkaïm, lunaire et désarmant de candeur) est prêt à tout pour rencontrer sa mère biologique. Même à se faire passer pour un serveur embauché à l’occasion d’une fête donnée chez elle. De maladresses en bévues, cet invité surprise va chambouler la réception, qui va prendre une tournure pour le moins inattendue…

Premier film des sœurs Philippon, cette comédie porte un regard tendre sur la famille, ses petits secrets et ses gros arrangements. Et quelle famille : Jacques Weber (le père, débonnaire), Anne Alvaro (la mère), Jonathan Lambert et Alexandre Steiger (les frères) y campent une galerie de personnages haut en couleurs. Sans oublier Sara Giraudeau, la (pauvre !) barmaid et binôme de François pour qui elle va vite prendre fait et cause malgré sa gaucherie…

Et l’oncle ? C’est Tati bien sûr, dont la fantaisie et le burlesque imprègnent le film. Sa folie douce infuse petit à petit, jusqu’à une scène finale désopilante… Un film léger et pétillant comme du champagne !

Référence
Les bêtises, de Rose et Alice PHILIPPON (2015)
Cote : F PHI
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Coup de ♥ DVD : PADDINGTON 2, de Paul King

Paddington serait-il devenu un ours mal léché ? Accusé d’avoir dérobé un précieux pop-up chez un antiquaire, le célèbre plantigrade est jeté sans ménagement en prison, où il s’accoquine très vite avec les pires crapules… Mais attention, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué… Car la famille Brown, convaincue de l’innocence de leur protégé, va se lancer dans une rocambolesque mission sauvetage !

L’enquête, menée tambour battant dans un Londres de carte postale, alterne avec des moments de pure comédie où Paddington, entre candeur et gaucherie, enchaîne maladresses et quiproquos pour notre grand plaisir ! Mais l’ourson n’est pas seulement attachant ; il est aussi saisissant de réalisme, tant et si bien qu’on en oublie qu’il s’agit d’une image de synthèse. Signés Framestore (studio qui a également travaillé sur Avatar , Gravity ou encore la saga Harry Potter), les effets numériques sont parfaitement intégrés aux décors et au jeu des acteurs.

La réalisation est donc élégante – couleurs chatoyantes, décors soignés, costumes pimpants – et le casting à l’avenant : Hugh Bonneville (vu dans Downton Abbey), Sally Hawkins (figure de proue du cinéma indépendant britannique), Julie Walters (alias Molly Weasley, la maman de Ron dans Harry Potter)… Et, cherry on the cake, un Hugh Grant en grande forme ; il faut le voir faire son miel de son personnage d’acteur sur le retour “méchamment mégalo” !

Alors, vous reprendrez bien un toast with marmelade, dear ?

Référence
Paddington 2, de Paul King (2017)
Cote : F PAD
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Coup de ♥ DVD : BROOKLYN VILLAGE, d’Ira Sachs

Little Men in Brooklyn Village : la combinaison du titre original et de sa « traduction » française reflète parfaitement le synopsis. Ces bonhommes dont il est question, ce sont Tony Calvelli et Jake Jardine, deux garçons à l’orée de l’adolescence. Quand ces deux là se rencontrent, la complicité est immédiate. Et, comble de chance, ils deviennent même voisins ! Car, à la faveur d’un héritage, les Jardine deviennent propriétaires de l’immeuble et y emménagent.

Mais cette amitié fulgurante va rapidement venir se heurter aux problèmes des adultes. Car si entre les garçons l’entente est parfaite, il n’en va pas de même entre Mme Calvelli et le couple Jardine, qui souhaite lui augmenter son loyer, provoquant par là un départ inexorable…

Ira Sachs signe ici un film tout en nuances, chaque personnage réservant sa part d’ombre et ses contradictions… En plus d’être fin portraitiste, Sachs manie avec délicatesse l’art de la chronique, nous livrant en filigrane une radiographie du monde contemporain. Sous couvert d’aborder les thèmes de la gentrification et du passage de l’enfance à l’adolescence, il nous donne à voir un cinéma de l’entre-deux, où la douceur le dispute à l’amer.

Et comment terminer sans décerner une mention particulière pour les deux jeunes acteurs qui incarnent Tony et Jake (respectivement Michael Barbieri et Theo Taplitz), remarquables de justesse. Brooklyn Village : Little BIG Men !

Référence
Brooklyn Village, d'Ira Sachs (2016)
Cote : F SAC
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Coup de ♥ DVD : FREE TO RUN, de Pierre Morath

Footing, jogging, running… Mais qu’est-ce qui les fait tous courir ? A voir l’engouement que suscite aujourd’hui la course à pied, on peine à imaginer qu’il s’agissait, il y a tout juste 50 ans, d’un sport “d’original”. A travers le destin surprenant de cette pratique sportive, Pierre Morath – lui-même athlète de haut-niveau – nous propose de retracer 50 ans d’histoire de la société…

Classique sur la forme – les témoignages succèdent aux images d’archives (certaines séquences, notamment sur les (in)capacités des femmes à courir, sont absolument stupéfiantes ; il faut le voir pour le croire !) – le film s’avère bien plus ambitieux sur le fond.

En effet, loin de l’image hygiéniste qui lui colle aujourd’hui aux baskets, la course à pied se révèle traversée par des débats aussi fondamentaux que l’émancipation des femmes, ou encore des questionnements philosophiques et éthiques. Le film se clôt sur cette phrase laissée en suspens : “Le sport, ça reste ce qu’on en fait”… A méditer…

En attendant, que vous soyez allergique à la course à pied ou au contraire joggeur invétéré, courez voir ce documentaire !

Référence
Free to run, de Pierre Morath (2016)
Cote : 796.42 MOR
Cinéma & course à pied
quelques films à retrouver dans nos bacs


- Forrest gump, de Robert ZEMECKIS (1994)
- Les chariots de feu, de Hugh HUDSON (1981)
- Marathon man, de John SCHLESINGER (1976)
- La solitude du coureur de fond, de Tony RICHARDSON (1962)
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Coup de ♥ DVD : FOOD COOP, de Tom Boothe

Non, Food Coop n’est pas un énième documentaire sur le bio, les circuits courts, les petits producteurs, les hippies, les hipsters, les bobos. Ce n’est même pas un film sur une “belle-aventure-humaine” (bien que ça en soit une !).

Caméra au poing, Tom Boothe nous entraîne au cœur de la coopérative alimentaire de Park Slope. Fondé en 1973, ce super-marché compte pas moins de 16 000 membres. Une énorme ruche, donc. Car il ne faut pas se fier aux apparences : si l’idée ressemble sur le papier à une douce utopie (chaque membre donne 3h de son temps pour avoir le droit de faire ses courses), sa mise en œuvre demande une organisation qui n’a rien à envier aux mille-feuilles administratifs les plus savoureux (ici la recette est garantie 100 % locale !). Au fil des échanges avec les “associés-patrons-employés-clients”, on y aborde des questions aussi diverses que l’état des supérettes de quartier, la dramatique absence de qualité et de variété de l’offre alimentaire aux États-Unis (à faire pâlir un français !) ou encore la gentrification du quartier.

Finalement, Food Coop serait plutôt une peinture sociologique toute en finesse…

Référence
Food Coop, de Tom Boothe (2017)
Cote : 338.1 BOO

 

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