Coup de ♥ DVD : FREE TO RUN, de Pierre Morath

Footing, jogging, running… Mais qu’est-ce qui les fait tous courir ? A voir l’engouement que suscite aujourd’hui la course à pied, on peine à imaginer qu’il s’agissait, il y a tout juste 50 ans, d’un sport “d’original”. A travers le destin surprenant de cette pratique sportive, Pierre Morath – lui-même athlète de haut-niveau – nous propose de retracer 50 ans d’histoire de la société…

Classique sur la forme – les témoignages succèdent aux images d’archives (certaines séquences, notamment sur les (in)capacités des femmes à courir, sont absolument stupéfiantes ; il faut le voir pour le croire !) – le film s’avère bien plus ambitieux sur le fond.

En effet, loin de l’image hygiéniste qui lui colle aujourd’hui aux baskets, la course à pied se révèle traversée par des débats aussi fondamentaux que l’émancipation des femmes, ou encore des questionnements philosophiques et éthiques. Le film se clôt sur cette phrase laissée en suspens : “Le sport, ça reste ce qu’on en fait”… A méditer…

En attendant, que vous soyez allergique à la course à pied ou au contraire joggeur invétéré, courez voir ce documentaire !

Référence
Free to run, de Pierre Morath (2016)
Cote : 796.42 MOR
Cinéma & course à pied
quelques films à retrouver dans nos bacs


- Forrest gump, de Robert ZEMECKIS (1994)
- Les chariots de feu, de Hugh HUDSON (1981)
- Marathon man, de John SCHLESINGER (1976)
- La solitude du coureur de fond, de Tony RICHARDSON (1962)

Coup de ♥ littérature adulte : MAGDA de Mazarine Pingeot

FICHE TECHNIQUE :
Titre : Magda
Auteur : Mazarine Pingeot
Pays : France
1ère année de publication : 2018

Cote : R. PIN

 

Dans cette histoire librement inspirée d’une affaire judiciaire réelle (affaire de Tarnac), l’auteur aborde la question de la transmission, du secret et des origines, les notions de conviction politique.

C’est aussi une réflexion sur ce que c’est d’être engagé aujourd’hui.

On a savouré LE RESTAURANT DE L’AMOUR RETROUVÉ d’Ito Ogawa

FICHE TECHNIQUE :
Titre : Le restaurant de l’amour retrouvé
Auteur : Ito Ogawa
Pays : Japon
1ère année de publication : 2008

Cote : R. OGA

 

“Un repas, c’est parce que quelqu’un d’autre le prépare pour vous avec amour qu’il nourrit l’âme et le corps.”

 

Campagne japonaise

Un soir après le travail, Rinco trouve son appartement vidé par son prétendu fiancé. Elle en reste sans voix. Littéralement. Le fiancé ne lui a rien laissé, hormis la jarre léguée par sa grand-mère. Une jarre “magique” contenant une saumure vieille d’un siècle où il suffit de “glisser les légumes pour qu’ils se réjouissent”. Totalement démunie, Rinco retourne instinctivement chez sa mère Ruriko, qui vit à la campagne. Les retrouvailles en disent long sur la relation qui unit les deux femmes : Ruriko manque tuer sa fille, qu’elle prend pour un cambrioleur.

Gastronomie

Rinco ne se formalise pas de cet accueil. Plutôt que sa mère, elle est heureuse de retrouver la nature et les montagnes, les “confidentes” de son enfance. Très vite lui vient l’idée d’ouvrir un restaurant dans ce coin reculé du monde. Avec ses petits moyens, son amour immense pour la cuisine et pour les gens, Rinco souhaite redonner à ses futurs clients le goût de vivre.

Grenades pour un bon curry…

Véritable enchantement des sens, Le restaurant de l’amour retrouvé est une ode à la nature autant qu’à la gastronomie. Souvent les deux se mélangent. C’est ainsi qu’au fil des pages le paysage hivernal devient une montagne de blanc en neige, le coucher de soleil un pot de miel ou de marmelade. C’est une apologie des choses simples et authentiques. Un bol d’optimisme et de légèreté à l’image de son héroïne, toujours enthousiaste, toujours émerveillée. Sauf dans les rapports qu’elle entretient avec sa mère, beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît. Mais là encore, l’amour n’est jamais totalement perdu…

On a doublement frissonné avec FANTÔMES D’HIVER de Kate Mosse

FICHE TECHNIQUE :
Titre : Fantômes d’hiver
Auteur : Kate Mosse
Pays : Grande-Bretagne
1ère année de publication : 2009

Cote : R. MOS

 

“Les morts laissent une ombre derrière eux, l’espace où ils vécurent résonne encore de leur écho.”

 

Jeune poilu

Kate Mosse fait partie de ces Anglais épris de culture française, qui sont là pour nous rappeler “l’inquiétante étrangeté” de nos régions et de notre histoire millénaire. Amoureuse du Languedoc, elle a mis en scène la cité de Carcassonne dans son best-seller international Labyrinthe.

Avec Fantômes d’hiver, Kate Mosse nous entraîne cette fois-ci en Ariège pendant l’entre-deux-guerres. Nous y suivons Frederic “Freddie” Watson, jeune Anglais dépressif ne se remettant pas de la mort de son frère tombé au combat. Freddie a entamé un voyage curatif dans le sud de la France. Sa voiture accidentée lors d’une tempête, il est contraint de se réfugier dans le village perdu de Néans, où il participe à une fête médiévale plus vraie que nature. Il y fait la connaissance de Fabrissa, mystérieuse jeune femme à laquelle il s’attache inexplicablement. Celle-ci disparaît le lendemain-même de la fête, et lorsque Freddie interroge les villageois à son sujet, personne ne semble la connaître.
Comme Fabrissa le lui a demandé avant leur séparation, Freddie va tenter de la “retrouver”. En même temps, il exhumera l’un des drames oubliés du village.

Tarascon sur Ariège

Rédigé à la manière d’une longue nouvelle fantastique, Fantômes d’hiver s’inspire notamment des écrits d’Algernon Blackwood qui, au début du 20ème siècle, faisait déjà de la France sauvage le théâtre de phénomènes paranormaux.
Mais le livre ne se résume pas qu’à cela. Le fantastique n’est qu’un prétexte pour évoquer des sujets plus concrets : le catharisme, le poids des morts, et les persécutions qui se répètent inlassablement d’une époque à une autre, jusque dans l’humiliante obligation de porter la marque jaune.

Coup de ♥ musique : PAINTED RUINS de Grizzly Bear

FICHE TECHNIQUE :
Titre : Painted ruins
Artiste : Grizzly Bear
Éditions : RCA, 2017
Genre : Rock

Cote : 2 GRI 20

 

Cela fait déjà treize ans que Grizzly Bear nous enchante les oreilles à coups de titres impressionnistes teintés de mélodie volontiers baroques.
Painted Ruins ne déroge pas à la règle. Enregistrée entre deux concerts d’une tournée gigantesque, cette cinquième galette ne livre pas ses secrets à la première écoute. Il faut du temps pour apprivoiser l’ours californien. Onze titres. Des mélodies toujours aussi évaporées, une plume qui s’obscurcit et se fait beaucoup plus intimiste.