Coup de ♥ DVD : BROOKLYN VILLAGE, d’Ira Sachs

Little Men in Brooklyn Village : la combinaison du titre original et de sa « traduction » française reflète parfaitement le synopsis. Ces bonhommes dont il est question, ce sont Tony Calvelli et Jake Jardine, deux garçons à l’orée de l’adolescence. Quand ces deux là se rencontrent, la complicité est immédiate. Et, comble de chance, ils deviennent même voisins ! Car, à la faveur d’un héritage, les Jardine deviennent propriétaires de l’immeuble et y emménagent.

Mais cette amitié fulgurante va rapidement venir se heurter aux problèmes des adultes. Car si entre les garçons l’entente est parfaite, il n’en va pas de même entre Mme Calvelli et le couple Jardine, qui souhaite lui augmenter son loyer, provoquant par là un départ inexorable…

Ira Sachs signe ici un film tout en nuances, chaque personnage réservant sa part d’ombre et ses contradictions… En plus d’être fin portraitiste, Sachs manie avec délicatesse l’art de la chronique, nous livrant en filigrane une radiographie du monde contemporain. Sous couvert d’aborder les thèmes de la gentrification et du passage de l’enfance à l’adolescence, il nous donne à voir un cinéma de l’entre-deux, où la douceur le dispute à l’amer.

Et comment terminer sans décerner une mention particulière pour les deux jeunes acteurs qui incarnent Tony et Jake (respectivement Michael Barbieri et Theo Taplitz), remarquables de justesse. Brooklyn Village : Little BIG Men !

Référence
Brooklyn Village, d'Ira Sachs (2016)
Cote : F SAC
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Double coup de ♥ littéraire autour d’ALEXANDRE LE GRAND

FICHE TECHNIQUE :
Titre : Pour seul cortège
Auteur : Laurent Gaudé
Pays : France
1ère année de publication : 2012

Cote : R. GAU

“Je n’aurais jamais pensé que ce serait toi ma dernière pleureuse… Écoute-moi, Dryptéis”

Aucun personnage historique n’aura autant inspiré la légende qu’Alexandre le Grand. Son incroyable épopée, sa personnalité ambigüe, ont marqué plus de deux mille ans de littérature tant orientale qu’occidentale.
Dans Pour seul cortège, le romancier Laurent Gaudé imagine la mort du conquérant. Une autre mort, après celle du Roi Tsongor, racontée avec le même souffle épique. Une autre antiquité, fantasmée et crépusculaire plutôt qu’historique.
Pour seul cortège, c’est aussi le drame de Dryptéis, princesse de Babylone, contrainte de sortir de son exil volontaire, à la mort d’Alexandre. Gaudé aime les héroïnes tragiques. Dryptéis en est un bel exemple : digne et superbe dans sa déchéance, dans sa résignation, dans son courage.
Gaudé ne décrit pas des vérités factuelles. Il poursuit la légende d’Alexandre. Une légende vieille comme la civilisation. Avec son récit aux phrases courtes et répétitives, alternant les points de vue à la première et à la troisième personne, il sublime l’âme humaine.


FICHE TECHNIQUE :
Titre : Le mythe d’Er ou le dernier voyage d’Alexandre le Grand
Auteur : Javier Negrete
Pays : Espagne
1ère année de publication : 2002

Cote : SF. NEG

“Athènes avait atteint la gloire, Rome l’avait seulement convoitée. Chacune avait croisé la route d’Alexandre.”

Dans un autre registre, Javier Negrete appréhende le personnage d’Alexandre par le biais de l’uchronie. Ou comment changer le cours de l’Histoire en modifiant l’un de ses évènements. En l’occurrence, la mort d’Alexandre. Negrete imagine qu’elle n’a pas eu lieu. Un médecin athénien, Euctémon, l’a sauvé de l’empoisonnement. Ensuite, Alexandre a continué de conquérir le monde : Carthage, puis Rome. Maintenant il veut aller au Nord, vers la légendaire Hyperborée…
Mélange de genre, à la fois moderne et respectueux du monde ancien, le travail de Negrete étonne. Son dénouement inattendu bascule dans le récit d’anticipation. Il lorgne du côté de “Matrix”. On pourrait aussi y voir une allégorie de l’écrivain.
Negrete maîtrise son sujet. Cela se voit. Sa connaissance de l’Antiquité est l’une des forces du texte. Autre atout : la brièveté. Le livre est d’autant plus prenant qu’il est court. Une leçon qu’a malheureusement oubliée l’auteur quand, quelques années plus tard, il écrit Alexandre le Grand et les aigles de Rome. Encore une uchronie sur Alexandre avec les mêmes arguments de base. À quelques variantes près…

Autres romans sur Alexandre le Grand disponibles dans votre Médiathèque :
- Roxane l'éblouissante de Joséphine Dedet
- Le Lion de Macédoine volumes 1, 2, 3, et 4 de David Gemmell
- Alexandre et Alestria de Shan Sa
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Coup de ♥ DVD : FREE TO RUN, de Pierre Morath

Footing, jogging, running… Mais qu’est-ce qui les fait tous courir ? A voir l’engouement que suscite aujourd’hui la course à pied, on peine à imaginer qu’il s’agissait, il y a tout juste 50 ans, d’un sport “d’original”. A travers le destin surprenant de cette pratique sportive, Pierre Morath – lui-même athlète de haut-niveau – nous propose de retracer 50 ans d’histoire de la société…

Classique sur la forme – les témoignages succèdent aux images d’archives (certaines séquences, notamment sur les (in)capacités des femmes à courir, sont absolument stupéfiantes ; il faut le voir pour le croire !) – le film s’avère bien plus ambitieux sur le fond.

En effet, loin de l’image hygiéniste qui lui colle aujourd’hui aux baskets, la course à pied se révèle traversée par des débats aussi fondamentaux que l’émancipation des femmes, ou encore des questionnements philosophiques et éthiques. Le film se clôt sur cette phrase laissée en suspens : “Le sport, ça reste ce qu’on en fait”… A méditer…

En attendant, que vous soyez allergique à la course à pied ou au contraire joggeur invétéré, courez voir ce documentaire !

Référence
Free to run, de Pierre Morath (2016)
Cote : 796.42 MOR
Cinéma & course à pied
quelques films à retrouver dans nos bacs


- Forrest gump, de Robert ZEMECKIS (1994)
- Les chariots de feu, de Hugh HUDSON (1981)
- Marathon man, de John SCHLESINGER (1976)
- La solitude du coureur de fond, de Tony RICHARDSON (1962)
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Coup de ♥ littérature adulte : MAGDA de Mazarine Pingeot

FICHE TECHNIQUE :
Titre : Magda
Auteur : Mazarine Pingeot
Pays : France
1ère année de publication : 2018

Cote : R. PIN

 

Dans cette histoire librement inspirée d’une affaire judiciaire réelle (affaire de Tarnac), l’auteur aborde la question de la transmission, du secret et des origines, les notions de conviction politique.

C’est aussi une réflexion sur ce que c’est d’être engagé aujourd’hui.

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On a savouré LE RESTAURANT DE L’AMOUR RETROUVÉ d’Ito Ogawa

FICHE TECHNIQUE :
Titre : Le restaurant de l’amour retrouvé
Auteur : Ito Ogawa
Pays : Japon
1ère année de publication : 2008

Cote : R. OGA

 

“Un repas, c’est parce que quelqu’un d’autre le prépare pour vous avec amour qu’il nourrit l’âme et le corps.”

 

Campagne japonaise

Un soir après le travail, Rinco trouve son appartement vidé par son prétendu fiancé. Elle en reste sans voix. Littéralement. Le fiancé ne lui a rien laissé, hormis la jarre léguée par sa grand-mère. Une jarre “magique” contenant une saumure vieille d’un siècle où il suffit de “glisser les légumes pour qu’ils se réjouissent”. Totalement démunie, Rinco retourne instinctivement chez sa mère Ruriko, qui vit à la campagne. Les retrouvailles en disent long sur la relation qui unit les deux femmes : Ruriko manque tuer sa fille, qu’elle prend pour un cambrioleur.

Gastronomie

Rinco ne se formalise pas de cet accueil. Plutôt que sa mère, elle est heureuse de retrouver la nature et les montagnes, les “confidentes” de son enfance. Très vite lui vient l’idée d’ouvrir un restaurant dans ce coin reculé du monde. Avec ses petits moyens, son amour immense pour la cuisine et pour les gens, Rinco souhaite redonner à ses futurs clients le goût de vivre.

Grenades pour un bon curry…

Véritable enchantement des sens, Le restaurant de l’amour retrouvé est une ode à la nature autant qu’à la gastronomie. Souvent les deux se mélangent. C’est ainsi qu’au fil des pages le paysage hivernal devient une montagne de blanc en neige, le coucher de soleil un pot de miel ou de marmelade. C’est une apologie des choses simples et authentiques. Un bol d’optimisme et de légèreté à l’image de son héroïne, toujours enthousiaste, toujours émerveillée. Sauf dans les rapports qu’elle entretient avec sa mère, beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît. Mais là encore, l’amour n’est jamais totalement perdu…

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