Lâaudiofil 101 avait pour thĂšme lâextrĂȘme. Les participants ont donc tremblĂ© dâeffroi, se sont assoupis sous lâeffort, ou lâont parfois pris comme une punition. Rien de tout cela, voyons⊠ou peut-ĂȘtre un peu de tout Ă la fois.
DĂ©marrant avec des particularitĂ©s distrayantes, nous avons Ă©coutĂ© un morceau (faussement) basĂ© sur une seule note (« One note samba » de Jobim) puis un solo (de guitare) sur le mĂȘme principe (Zappa, XTC ou Radiohead, mais il en existe beaucoup).
Nous avons ensuite abordé le sombre continent du bruit, pénétrant progressivement en des terres de plus en plus sonores : chant diaphonique mongol, bebop (Gillespie), rock déjanté et chaotique (Captain Beefheart), puis free jazz (Pharoah Sanders) avant de finir dans le bruit organisé de FantÎmas.
Pour calmer esprits et nerfs, une porte fut nécessaire, celle de la musique concrÚte de Pierre Henry nous guidant en un soupir vers du bizarre en moins bruyant.
Et lĂ , arpentant la lande de la musique Ă©purĂ©e, nous sommes passĂ©s par un Beatles ralenti 8 fois, la musique ambiante dâEno, puis celle minimaliste dâEliane Radigue.
Enfin parvenus au cĆur du silence, le silence. Le fameux « 4â33″ » de John Cage, pierre de Rosette du concept, monolithe de la dĂ©construction. Le groupe Ă©tait enfin prĂȘt Ă accepter la non musique. DĂ©sapprobation, Ă©tonnement, transe, suspicion, amusement, connivence des auditeurs : en tout cas la piĂšce fut Ă©coutĂ©e jusquâau bout.
Jouez le jeu vous aussi, vous verrez bien. Ă dĂ©faut dâentendre.
