Littérature adulte : nos derniers coups de ♥…

1. Rencontre d’auteurs : Laure Boutault et Laurent Lagarde

Le 16 octobre dernier, la Médiathèque de Lattes a organisé une rencontre exceptionnelle avec les auteurs lattois Laure Boutault et Laurent Lagarde, tous les deux primés par le magazine Femme Actuelle en 2021. Un double coup de cœur pour votre équipe de bibliothécaires :

Quel genre de retraité ferait un enfant des eighties ? C’est ce que Laurent Lagarde nous propose d’imaginer dans son roman Troisième jeunesse, en nous projetant une trentaine d’années en avant aux côtés de son héros Alexandre Delcourt, pensionnaire acariâtre d’une maison de retraite de luxe.
Rien ni personne ne trouve grâce aux yeux d’Alexandre. Sauf peut-être Flora et Stanislas, deux autres résidents avec qui il pratiquera respectivement le voyage imaginaire et le cerf-volant. Ou encore la séduisante Natacha et son fils Victor, gamin à part rencontré à l’occasion d’une sortie scolaire.
Avec le style d’un orfèvre et un humour pimenté au vitriol, Laurent Lagarde offre de beaux moments de réflexion sur ce que nous faisons de nos vies, sur la façon d’aborder le grand âge et le besoin de s’y réinventer encore.
Tout ça sur une bande son signée George Michael et Alain Souchon…

Dans son roman La robe du Lutetia, Laure Boutault nous raconte, quant à elle, une belle histoire d’amour pendant l’occupation allemande, dans un village reculé des Cévennes. À la mort de leur grand-mère Lisette, deux sœurs découvrent une robe gardée sous clé qu’elles ne connaissaient pas. Intriguées, elles vont mener une enquête, remonter ainsi le temps jusqu’à découvrir des secrets inavoués qui bouleverseront tout le village. Un livre qui nous fait vivre des moments forts et qui retranscrit l’attachement de deux petites filles devenues adultes à leur grand-mère.

Vous voulez plus de vieux grincheux ?
Lisez donc le roman feel-good de Fredrik Backman Vieux, râleur et suicidaire, la vie selon Ove.
À découvrir au rayon adulte !

 

2. Littérature française : L’AMI ARMÉNIEN d’Andréï Makine

Vous est-il déjà arrivé de croiser des gens qui donnent l’impression de ne pas appartenir à ce monde ? Des êtres lunaires, avec une vision si singulière de l’existence, qu’ils la traversent sans vraiment se prendre au jeu, en bouleversant vos certitudes au passage.
C’est ce genre de rencontre qu’évoque Andreï Makine dans L’ami arménien. Plus qu’un roman, il s’agit là de souvenirs, d’impressions remontant à l’adolescence de l’auteur. Des souvenirs qui prennent place dans la Sibérie soviétique des années 1970. Et qui ont pour point commun Vardan, jeune arménien de quatorze ans, dont Makine s’est fait un ami. Vardan souffre d’une maladie congénitale. Peut-être est-ce elle qui lui a donné la précocité d’un sage. Ou bien est-ce le poids de ses origines. Car à travers Vardan, c’est la condition de tout le peuple arménien que Makine va découvrir. Les maltraitances infligées par le régime soviétique, les douloureux stigmates du génocide. Mais aussi la chaleur de ce peuple, la dignité qu’il conserve malgré le dénuement, son hospitalité. La communauté arménienne sera comme une bulle de réconfort pour l’enfant  Makine, alors orphelin livré à l’inhumanité des institutions.
D’abord tendre, quand il s’agit de raconter l’amitié adolescente, la figure presque prophétique de Vardan, le livre devient de plus en plus dur et amer face à la rudesse de la vie, l’injustice faite aux peuples.
Un petit ouvrage authentique, plein d’humanité, de réflexions et de drames.
Impossible d’oublier Vardan après une telle lecture.

 

3. Littérature étrangère : LA SIRÈNE, LE MARCHAND ET LA COURTISANE d’Imogen Hermes Gowar

La sirène, le marchand et la courtisane… mais que se cache-t-il derrière ce titre à rallonge digne des Mille et une nuits ? Roman historique ? Conte fantastique ? Romance ? Comédie de mœurs ?
Un peu tout ça à la fois. Et en même temps, une description résolument moderne de la condition féminine dans l’Angleterre du 18ème siècle. Les femmes n’y pouvaient endosser que trois rôles : celui de la bonne épouse, de la vieille fille ou de la prostituée.
Angelica Neal appartient à la dernière catégorie. Courtisane en vue, elle vient d’essuyer un revers de fortune suite au décès de son noble « protecteur ». Quel choix lui reste-t-il ? Retourner dans la très respectable maison de son ancienne maquerelle, Mrs Chappell ? Trouver un autre noble protecteur qui, si elle s’y prend bien, fera d’elle une comtesse par l’absolution du mariage, comme son amie Bel Fortescue ?
À moins qu’une dernière possibilité ne s’offre à elle. Le veuf et bedonnant Monsieur Hancock ne ferait-il pas un bon parti ? Certes, il est marchand et beaucoup trop honnête. Mais il vient de faire fortune en exposant une horrible petite chose qu’il affirme être une sirène. En outre, il ne semble pas insensible aux charmes voluptueux d’Angelica…
Avec la maestria des plus grands auteurs classiques et une narration au présent très efficace, Imogen Hermes Gowar nous entraîne dans un tourbillon de mondanités et de sordidités qui suffit à ressusciter toute une époque. Au-dessus de ce temps perdu flotte la figure énigmatique de la sirène. Mais sirène y a-t-il vraiment ? N’est-elle pas qu’une allégorie de la femme libre et séductrice ? Un catalyseur de toutes les frustrations et de tous les désirs ?
Un livre brillant, mélange entre la série Harlots et La lune et le roi soleil de Vonda McIntyre, par une autrice à suivre de très près.

Vous voulez plus de sirène ?
Lisez donc Une sirène à Paris de Mathias Malzieu. Un roman poétique et délicat où l'amour et l'imaginaire se combinent au suspense.
À découvrir au rayon adulte !

Retour sur les écoutes musicales du 20 novembre 2021 (Audiofil 086)

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Cette fois-ci les Écoutes Musicales étaient thématiques… car elles clôturaient notre Semaine Africaine et tournaient donc autour de l’Afrique.

Après un rapide aperçu de musique burkinabé traditionnelle, nous avons fait un tour d’horizon allant du Bénin (Lionel Loueke) au Cap Vert (Carmen Souza) en passant par les figures tutélaires du Cameroun : Francis Bebey et Manu Dibango. Nous avons aussi brièvement évoqué l’influence immense de l’Afrique dans le slam (Gil Scott Heron) le funk (Jaaaaaames Broooown !!!) et bien sûr le jazz (Weather Report). Enfin, nous n’avons pas oublié les passerelles avec la musique classique (Malcolm Arnold) ou contemporaine (Steve Reich).

Un 360° incomplet mais qui se voulait représentatif.

De gauche à droite : Lionel Loueke, Carmen Souza, Francis Bebey, Manu Dibango, Weather Report et Steve Reich

Retour sur les écoutes musicales du 23 octobre 2021 (Audiofil 085)

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Les écoutes musicales (audiofil pour les intimes) ont repris leur rythme de croisière et l’atelier 085 a eu lieu samedi 23 avec les habitués, de nouveaux participants, d’anciens qui n’osent revenir… la vie, quoi !

Qu’écoutâmes-nous donc ?
En classique papa Haydn et le chef pédagogue (et compositeur) Leonard Bernstein. Des instrumentaux très variés, entre B.O. (Clint Mansell), planant Klaus Schulze et son « Frank Herbert » (tiens tiens) et Thomas de Pourquery très en vogue en jazz ces temps-ci.

Les chansons aussi allaient d’un Salvador, seul sur un sketch scat, au rock noir et intense de Van der Graaf en passant par le chant hispanique, folklorique et industriel de Mercedes Peon. Tout ce qu’on peut imaginer existe, magie de la fiction…

Enfin Rufus Wainwright, le Canadien fan de Judy Garland, l’est aussi de Shakespeare et clôture en beauté notre thématique « Elisabeth et les Tudors » avec un sonnet mis en musique, et en deux versions s’il vous plaît. Champagne (d’époque) !

De gauche à droite : Leonard Bernstein, Mercedes Peon, Clint Mansell, Van der Graaf Generator, Thomas de Pourquery et Rufus Wainwright

 

Thématique « Semaine africaine » – novembre 2021

Photographie : © Jean-Claude Menu

À l’occasion de la Semaine Africaine qu’elle organise en partenariat avec l’association Teriya-Solidarité, la Médiathèque de Lattes propose à ses lecteurs une thématique multi-supports consacrée à l’Afrique.

Auteurs africains, albums jeunesse, musique du monde, représentation dans les bandes-dessinées et les films : une large sélection d’ouvrages à découvrir sur les tables nappées de tissu wax pour élargir sa vision du continent, mère de l’humanité !

Littérature adulte :

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Cinéma :

 

Bandes-dessinées :

 

Programmation du Théâtre Jacques Cœur 2021-2022

Cliquez sur l’image pour accéder au programme complet du théâtre

Ouf ! Le théâtre Jacques Cœur a pu enfin rouvrir ses portes après cette longue et douloureuse pause due au Covid. Ce satané virus aura tout de même eu le bon goût d’épargner le 400e anniversaire de Molière. L’occasion pour le théâtre de vous proposer une saison spéciale.
Et pour la Médiathèque de préparer une sélection d’ouvrages en lien avec ladite programmation. On y retrouvera principalement les œuvres de Messire Poquelin. Mais aussi celles de Clara Haskil, sous forme musicale. Clara Haskil dont le parcours a inspiré l’événement incontournable de cette saison théâtrale : la pièce de Safy Nebbou avec Laetitia Casta.

Livres :

DVD :

CD :


Retrouvez également tous les documents relatifs aux activités organisées par l’association Les Amis de Jacques Cœur, en parallèle de la saison théâtrale (cliquez dessus pour les ouvrir) :

Mot de présentation
Programme des animations
Fiche d’inscription

Thématique musique « Internationales de la guitare 2021 »

Il est revenu le temps des internationaaaleees…

Eh oui ! Du 11 septembre au 09 octobre 2021 se tiendra la 26e édition des Internationales de la Guitare, ce festival intense et de nouveau « proche » de son public.
Plus de 100 concerts et évènements vont se déployer de Montpellier à Toulouse, en passant par une vingtaine d’autres communes de la région.
Comme chaque année, la Ville de Lattes s’associe à l’évènement avec un concert au Théâtre Jacques Cœur, un spectacle jeune public réservé aux élèves des écoles primaires de Lattes et la fameuse table thématique de la Médiathèque proposant un grand choix d’albums musicaux en lien avec l’événement.
Bon(s) concert(s) et bonne(s) écoute(s) !

 

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Sans oublier la traditionnelle playlist, histoire de se mettre l’eau à la bouche :

En attendant le retour des écoutes musicales… épisode 2

À la demande générale, voici une deuxième (et dernière) playlist en ligne chez nos amis pourvoyeurs (en un seul mot, SVP) de YouTube. Profitez et abusez-en, empilez vos commentaires sur l’immense tas déjà arrivé (humour) et dégustez cet avant-goût des vraies écoutes musicales avec des morceaux de mauvaise foi et d’émotion brute dedans.
Alors, qui, que, quoi dans cette playlist ? En tout cas une sélection très paritaire, sans faire exprès (un jour on se programmera un petit 100% dames ou messieurs, vous verrez, ça passe très bien).
Notre préférée du lot, c’est la jeune Dodie dont tous les clips cheap du premier album sont tournés dans une voiture. Du Billie Eilish calme et intimiste.
Dans la famille Les filles spirituelles de… on a Laura Marling (Joni Mitchell, encore et toujours) et ses accords de voix, ainsi que Clara Luciani (Françoise Hardy) avec sa pop solaire et sophistiquée.
Dans la famille Les héritiers de Zappa : Pourquery et Winfeld, avec des angles jazz et différents.
Dans la famille Beaux bizarres : l’inclassable français Blundetto et le hors concours Xenakis, servis par la percussionniste Adélaïde Ferrière (écoutez de 06:38 à 10:06 si vous êtes pressés…).
Quant aux allemands Weber et Richter (du déjà cité Black mirror), c’est du classique, ou futur classique, 1826 pour l’un, 2016 pour l’autre.

Voilà, bonne écoute, bonne fin d’été farniente ou hyperactive et au plaisir de se revoir en chair et en os, le samedi 25 septembre (oui, 2021) pour l’Audiofil 084 qui fera date (et heure : 10h00) !

01

“When”
Dodie
Tiré de l’album Build a problem, 2021


02

“Paseo”
Blundetto
Tiré de l’album Good good things, 2020


03

“Held down”
Laura Marling
Tiré de l’album Song for our daughter, 2020


04

“On reflection”
Max Richter
Tiré de l’album Black Mirror, Nosedive, 2017


05

“Psaphha”
Iannis Xenakis, Adélaïde Ferrière
Tiré de l’album Contemporary, 2020


06

“Revolutions”
Thomas de Pourquery, Supersonic
Tiré de l’album Sons of love, 2016


07

“Le reste”
Clara Luciani
Tiré de l’album Cœur, 2021


08

“Fish”
Kathrine Windfeld Big Band
Tiré de l’album Orca, 2020


09

“Oberon”
Carl Maria von Weber, Georg Solti
Tiré de l’album Symphony No.5, 2017


10

“Phoenix (il y aura un matin)”
Catastrophe
Tiré de l’album La nuit est encore jeune, 2017

 

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Nos coups de cœur du moment, tous rayons confondus…

1. Littérature adulte : LA FUREUR DES HOMMES par Charles O. Locke

C’est en 2012 que les éditions Actes Sud et le réalisateur Bertrand Tavernier entament leur collaboration sur la collection « L’ouest, le vrai » dans le but de faire découvrir aux lecteurs français les romans à l’origine des plus fameux westerns.
La fureur des hommes est l’avant-dernier né de cette collection. Initialement publié aux États-Unis en 1957, il n’avait jamais été traduit en France malgré une adaptation cinématographique en 1958 par Henry Hathaway (voir l’excellente postface de Monsieur Tavernier à ce propos).

Le roman met en scène une chasse à l’homme, celle du jeune Tot Lohman, coupable malgré lui d’avoir tué l’un des fils Boyd. Même si Lohman est un garçon droit dans ses bottes, qu’il était en position de légitime défense, le reste du clan veut lui faire la peau. Les Boyd sont de riches propriétaires texans. Ils s’imaginent avoir droit de vie et de mort sur le quidam. Ils traqueront Lohman jusqu’au bout. Mais Lohman le leur rendra bien. Car malgré son éducation lettrée, il manie la carabine comme personne.

Le livre décrit un monde dur et violent qui pousse les hommes aux limites de la folie. Un monde en tout point aride, à l’image du désert que le héros traverse totalement démuni, manquant y trouver la mort. Cette aridité, on la retrouve aussi dans la narration dépouillée de Lohman, sobre bonhomme qui ne manque pas de maladresse quand il s’agit d’exprimer ses sentiments. Les épreuves qu’il connaît lui inspireront des réflexions sur le sens de la vie, sur l’injustice, sur la domination des faibles par les forts, lesquelles donnent au roman une puissance littéraire dépassant le seul western.

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Vous voulez plus de romans westerns ? 
Lisez donc les deux tomes de la série Lonesome dove, qui vous feront vivre le quotidien des cow-boys comme si vous y étiez.
À découvrir au rayon littérature adulte !

 

2. Thématique Elisabeth Ier : HAMNET par Maggie O'Farrell

Si le titre du roman de Maggie O’Farrell vous rappelle une célèbre pièce de Shakespeare, il n’y a là rien d’étonnant. Car Hamnet, le petit garçon dont il est question dans ce livre, n’est autre que le fils de Shakespeare. Ou plutôt du « précepteur », du « fils du gantier », du « jeune homme » comme le célèbre dramaturge est dénommé tout au long des 350 pages que compte l’ouvrage. Jamais Shakespeare n’est appelé par son nom. Il restera anonyme du début à la fin. Pourquoi ce choix ? Peut-être pour signifier qu’ici on va s’intéresser davantage à l’inconnu qu’à la célébrité. D’ailleurs,  l’histoire pourrait n’avoir aucun lien avec Shakespeare. Elle pourrait être celle de n’importe quelle famille anglaise du 16e siècle, tant les thèmes qui y sont abordés sont ceux du commun.

Au fond, il est moins question de Shakespeare dans ce livre, que d’Agnes, sa flamboyante épouse un peu sorcière sur les bords, de leur histoire d’amour controversée, de leurs difficiles rapports à la famille, de leurs enfants et de la perte.
Car Hamnet est la chronique d’une mort annoncée. Le garçonnet va mourir. C’est établi d’entrée de jeu, sur la base d’un document historique. La seule extrapolation que se permet Maggie O’Farrell est la cause du décès : elle choisit la peste, comme un écho à notre actualité sanitaire teintée d’épidémie. Mais elle arrive si bien à nous entraîner dans ses va-et-vient temporels, à détourner notre attention en usant de poésie, que l’on finit par perdre de vue l’issue fatale et même, à en être surpris. La narration au présent, qui fait la part belle aux accumulations pour amplifier l’effet tragique, est absolument superbe.
Une œuvre en état de grâce.

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Vous voulez plus de fictions sur Shakespeare ? 
Regardez donc le film Shakespeare in love, une irrésistible comédie sentimentale en costumes avec Joseph Fiennes, Gwyneth Paltrow, Geoffrey Rush... 
À découvrir au rayon cinéma !

 

3. Roman 7-10 ans : LES HÉRITIERS DE BRISAINE, TOME 1 par David Bry

Auteur de science-fiction pour adultes, David Bry n’hésite pas à mettre en scène des héros atypiques. Handicap, homosexualité : son œuvre prend des airs de manifeste pour la différence.
Dans le premier tome des Héritiers de Brisaine, sa nouvelle série jeunesse, cette caractéristique est beaucoup moins appuyée. Même si les brimades que le fils du seigneur fait subir aux indigents évoque la lutte des classes, même s’il existe un Ordre de Chevaliers aux allures de despote religieux, l’argument du livre reste une aventure fantasy tout ce qu’il y a de plus classique.

Au village de Trois-Dragons, les créatures magiques ont disparu suite à la guerre entre la Dame du Soleil et le Roi de la Nuit. Depuis, toute forme de magie est prohibée. Il n’y a que la vieille guérisseuse Brisaine pour oser encore en parler. Elle fait le bonheur des trois petits héros, Aliénor, Enguerrand et Grégoire, en leur racontant ce qu’elle sait à ce sujet. Jusqu’au jour où Aliénor disparaît dans la forêt attenante de Bois d’Ombres. Enguerrand et Grégoire vont devoir s’y enfoncer pour secourir la fillette, quitte à réveiller les vieilles malédictions…

On pense à Narnia, à Merlin l’Enchanteur et à tant d’autres encore. Le tout sublimé par les magnifiques illustrations de Noëmie Chevalier, au noir et blanc délicieusement gothique.
Les jeunes lecteurs y trouveront largement leur compte. Dès 9 ans.

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4. Roman ado : OLYMPE DE ROQUEDOR par Jean-Philippe Arrou-Vignod et François Place

La France possède un trésor sous-estimé : ses auteurs jeunesse. Biberonnés aux feuilletonistes du 19e siècle, ils renouent avec la longue tradition du roman d’aventures qui a fait rayonner le pays bien au-delà de ses frontières.
Après Timothée de Fombelle, Jean-Claude Mourlevat ou Yann Fastier, c’est au tour de Jean-Philippe Arrou-Vignod et François Place de nous livrer une pépite littéraire, écrite à quatre mains.

Olympe de Roquedor, c’est un peu comme si Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas avaient rencontré La vouivre de Marcel Aymé. Le pays d’Azeillan, où se déroule le roman, évoque la campagne d’un 17e siècle fantasmé : ses routes poussiéreuses, ses orages soudains, ses sous-bois parfumés, ses croquants superstitieux, ses brigands de grands chemins… rien ne manque pour rendre l’aventure vivante.
Sans parler des dialogues ! Ils sont si fins, si croustillants, si naturels, qu’on rentre d’emblée dans l’histoire. À eux seuls, ils permettent de saisir toute l’originalité des personnages : Olympe, l’héroïne éprise d’indépendance fuyant un mariage forcé ; Foulques , petit nobliau arrogant écrasé par la figure paternelle ; Décembre, irrésistible mélange entre Don Quichotte, Cyrano de Bergerac et Jack Sparrow ; Oost, grand blond dégingandé, un peu stupide, qui fera un improbable allié…

En résumé : 300 pages de pur plaisir, qui laissent quelques questions sans réponse, nous permettant d’espérer une suite prochaine. Dès 12 ans.

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5. Musique : CUZ I LOVE YOU de Lizzo

Lizzo est nue sur la couverture de son album. Elle est sublime et elle a raison de le montrer, de le crier haut et fort.

De formation classique (flûte traversière), elle excelle assez tôt dans le rap et signe en 2016 un contrat chez Atlantic Records. Et justement, vocalement, on retrouve chez elle du Aretha Franklin et du Otis Redding (Jerome) et même du Kid de Minneapolis (CryBaby) toujours avec cette énergie, cette fougue et cette confiance qui lui sont propres.

Elle est femme, noire et ronde. Elle a la rage et beaucoup de choses à dire. Patience… elle est en passe de devenir une véritable icône R’n’b.

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Thématique « Elisabeth Ier et les Tudors » – été 2021

L’inoubliable Bette Davis incarne Elisabeth Ier dans le film « La vie privée d’Elisabeth d’Angleterre » en 1939

Les reines anglaises fascinent le monde. Suffit de voir le succès que rencontrent les dernières séries qui y sont consacrées, The Crown en tête, pour s’en convaincre.

Mais avant Elisabeth « The Queen » II et Victoria, l’Angleterre a connu une autre grande souveraine : Elisabeth Tudor.

Les circonstances de sa naissance, sa personnalité romanesque entre féminité virginale et caricature, son règne marqué par les rivalités avec sa cousine écossaise et son patronage artistique en ont fait une source d’inspiration inépuisable. Les plus grandes actrices continuent de lui prêter leurs traits au cinéma ou à la télévision.

Guerre des deux roses, Henri VIII, Marie Stuart, Shakespeare…

… revisitez avec nous près de deux siècles d’histoire britannique, depuis la moitié du 15ème siècle jusqu’à l’orée du 17ème, pour mieux comprendre l’ère élisabéthaine !

LITTÉRATURE adulte :

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CINÉMA :

Littérature adulte : nos coups de ♥ du moment…

1. Histoire vécue : LES AVENTURES DE PÉNÉLOPE BOEUF, TOMES 1 & 2 par Pénélope Bœuf 

Dans ces petits romans autobiographiques qui sont le reflet de ses podcasts, Pénélope nous parle de ses envies, de ses doutes, de ses questionnements… autrement dit de sa vie !
Les courts chapitres pleins d’autodérision se dévorent comme les épisodes d’une série  télé.
Surtout, on se retrouve dans plein de situations !
Pénélope nous déculpabilise  et nous rappelle combien il est bon d’être soi, dans toutes nos imperfections.
Bref, les aventures d’une nana qui n’a pas sa langue dans sa poche.
Deux ouvrages frais et légers qui sont toujours bienvenus.

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2. Littérature française : FLORIDA par Olivier Bourdeaut

Florida, c’est l’histoire d’Elizabeth une mini-miss exploitée par sa mère  qui voue une obsession maladive aux concours de beauté, occultant les besoins essentiels de son enfant. Dès l’âge de sept ans, au fil des concours et des années qui passent, la fillette ressent de plus en plus de rancœur envers ses parents : une mère maltraitante pour qui la beauté et le fait de gagner des concours sont la seule chose valable, un père qui reste dans l’ombre…
Jusqu’à ce que sur la scène d’une énième compétition, Elisabeth se rebelle et troque les podiums contre la pension. L’élève brillante et jolie, détestée par ses camarades, se réfugie dans la boulimie, avant que le désir de plaire à un garçon ne lui impose un régime draconien.
Puis l’adolescente rejette ce corps source d’ennuis en devenant  adepte de la musculation effaçant ainsi toute féminité. Mais la performance ne s’arrête pas là… la descente aux enfers est irrépressible.

Ce roman est une réflexion percutante  sur la marchandisation des corps, sur la tyrannie de l’image et la quête d’identité.
Le diktat des apparences est dénoncé à travers l’héroïne qui compense sa fragilité par une maîtrise physique obsessionnelle jusqu’à l’autodestruction.

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Vous voulez plus de mini-miss ?
Regardez donc le film Little miss sunshine, un road-movie tendre et loufoque avec Steve Carell, http://ctlg.mediatheque-lattes.fr/detail-d-une-notice/notice/1400100093Toni Collette, Paul Dano…
À découvrir au rayon cinéma !

 

3. Science-fiction : L'OURS ET LE ROSSIGNOL par Katherine Arden

On a tendance à l’oublier, mais en matière de mythes et de légendes, il n’y a pas que les grecs ! Certes on commence à s’intéresser à la mythologie scandinave depuis que Marvel a transformé le dieu Thor en super-héros. Mais qu’en est-il du folklore russe, riche de nombreuses créatures magiques, de divinités mystérieuses et de contes à foison ?

La trilogie Une nuit d’hiver, écrite par l’américaine Katherine Arden, exploite ce filon. L’ours et le rossignol en constitue le premier tome. Nous y évoluons dans une Russie médiévale, aux limites de l’Histoire et de la fantasy. Dans ce monde rude, dominé par l’hiver, christianisme et vieilles croyances païennes s’affrontent. Vassia, fille d’un seigneur de campagne, communique avec les esprits du foyer, des bois et des lacs. Pour sa belle-mère Anna Ivanovna, ainsi que pour le jeune prêtre Konstantin fraîchement débarqué dans son village, elle n’est qu’une sorcière dont il faut vite se débarrasser. Pour les autres, son père Piotr, sa vieille nourrice Dounia, elle est la digne fille de sa mère, libre et sauvage, héritière d’une magie ancestrale. Mais aussi leur seul rempart contre les menaces surnaturelles venues du fond des âges : un cavalier froid comme la glace, un dieu au visage ravagé, des morts qui reviennent à la vie…

Tous les ingrédients du conte sont présents dans cette réécriture sombre et moderne, où le froid devient palpable, les nuits redoutables et l’angoisse croissante.

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Vous voulez plus de folklore russe ?
Lisez donc la bande-dessinée Le roi des oiseaux, réinterprétation moderne magnifiquement mise en images par l'américain Alexander Utkin.
À découvrir au rayon BD 7-11 ans !

Cinéma : nos coups de ♥ du moment…

1. DEUX de Filippo Meneghetti

Premier long métrage de l’italien Filippo Meneghetti, Deux nous dévoile l’immense amour qui unit deux femmes septuagénaires rêvant de s’enfuir ensemble pour vivre à Rome.
Seulement voilà, si Nina vit son homosexualité de manière décomplexée, Madeleine, elle, le cache encore à ses enfants qui voient en Nina une simple voisine de palier.
Un évènement viendra bousculer leur projet mais confirmer l’essentiel.
Très beau film sur l’homosexualité chez nos aînés. Les caractères assez opposés des deux personnages principaux se répondent à merveille. La volubile Nina nourrit un sentiment ambivalent pour la discrétion de Madeleine qui de son côté, bien que quelque peu effrayée par l’énergie de sa compagne, semble lui vouer une admiration sans borne.

~ César 2021 de la Meilleure première œuvre ~

>Réservez-le !<

 

2. AMAZING GRACE, ARETHA FRANKLIN de Alan Elliot et Sydney Pollack

Peu avant la pandémie sortait sur grand écran la captation d’un événement mémorable.  Un évènement dont l’enregistrement audio qui en ressortit est le disque de musique sacrée le plus vendu au monde et on comprend aisément pourquoi.
Deux jours durant, la plus célèbre des prêtresses afro-américaines se donne en spectacle devant un auditoire médusé. Divers problèmes techniques ont empêché ce moment de grâce de l’hiver 1972 d’être porté à l’écran avant… l’été 2019.
Certes, ce documentaire réalisé par Sydney Pollack peut souffrir parfois d’une image granuleuse et d’une post synchro hasardeuse mais ce film revient de loin et soyez-en sûrs, le moment est historique. En effet, Aretha Franklin, au sommet de sa carrière, revient à ses premiers amours ; les Negro Spirituals et plus précisément le Gospel. Elle est alors la « Queen of Soul », l’une des figures de proue des militants des droits civiques mais elle montre ici qu’elle n’oublie en rien ce qui a fait d’elle une si grande interprète. Elle revient à la maison.
Dès lors, on comprend mieux la tessiture de sa musique, ces chœurs omniprésents et ce lyrisme contagieux qui caractérisent ses plus grands succès.
Il est en train de se passer quelque chose d’unique dans cette petite chapelle du quartier de Watts à Los Angeles, là-même où 7 ans auparavant, éclatèrent les tristes et célèbres émeutes raciales. Et la foule (vous y croiserez Mick Jagger et Charlie Watts en sueur) mélangeant croyants, agnostiques et athées ne s’y trompe pas. Elle chante, danse, pleure, jubile avec nous. Un merveilleux moment.

>Réservez-le !<

Littérature Jeunesse : nos coups de ♥ du moment…

1. Rayon 3-6 ans : LA CROÛTE par Charlotte Moundlic et Olivier Tallec

Rares sont les œuvres qui vous prennent aux tripes. Celle-ci en fait partie.
« Maman est morte ce matin… » Dès la première phrase de cet album, presque camusienne, on sait que sa lecture va en être éprouvante, dure mais salvatrice.
Le dessin tout en retenue d’Olivier Tallec, d’habitude si drôle, fait la part belle au texte si  juste de Charlotte Moundlic.
L’indicible douleur, le chagrin qui semble ne pas vouloir nous abandonner, à l’inverse des souvenirs du défunt qui s’étiolent, l’impuissance face à la souffrance des proches et la peur d’oublier : tous les sens en prennent un coup et c’est ce que va découvrir ce petit garçon héroïque.
Le plus bouleversant dans ce livre réside peut être dans le message d’espoir qu’il diffuse en toute fin.
Pathos ou simple réalité qui parfois frappent injustement ? Faites-vous votre avis.
Une chose est sûre, on ne sort pas indemne de cette lecture.
Un album utile pour un sujet grave qui peut nécessiter un accompagnement pour les plus sensibles. À partir de 5 ans.

>>Accès à la fiche du catalogue>>>

 

2. Rayon 7-11 ans : L'AGENCE PENDERGAST par Christophe Lambert

Christophe Lambert n’a rien à voir avec l’acteur de Greystoke ou de Highlander. C’est un écrivain homonyme qui sévit depuis des décennies dans la littérature de genre et la littérature jeunesse.
L’agence Pendergast, une de ses dernières séries en date, est un patchwork jubilatoire truffé de références à la culture populaire, depuis Harry Potter jusqu’à Tom Sawyer, en passant par Peter Pan, Le seigneur des anneaux, Le mythe de Cthulhu ou même Star Trek !
Le pitch est simple : Sean Donovan est un gamin des rues dans la New-York des années 1890. Par un concours de circonstances, il entre au service d’Archibald Pendergast qui dirige une agence secrète traquant les créatures magiques clandestines.
Au fil des 4 tomes disponibles à ce jour, Sean, accompagné de ses acolytes Célia et Joe l’Indien, va combattre Dracula en personne, traquer un monstre sanguinaire dans les égouts de la ville, s’engager comme artiste sur le Little Nellie pour résoudre le mystère de la sirène du Mississippi, et s’enfoncer dans les forêts du Wyoming sur les traces d’un Big Foot.
Rien de bien sérieux dans tout ça, hormis un vague discours sur la tolérance. Juste une bonne dose d’aventures qu’on lit d’une traite (les tomes illustrés ne font que 150 pages chacun) avec des personnages attachants.
À noter quelques scènes angoissantes avec projection d’hémoglobine ! Dès 10 ans.

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3. Rayon 12-14 ans : ALEX FILS D'ESCLAVE par Christel Mouchard

La famille Dumas compte trois générations d’Alexandre : le père, le fils et le grand-père. On connaît très bien le père et le fils, lesquels sont devenus des auteurs classiques de la littérature française (« Les trois mousquetaires » ou « Le comte de Monte-Cristo » pour le premier, « La dame aux camélias » pour le second).
Christel Mouchard nous propose de découvrir la jeunesse du grand-père dans sa fiction historique Alex fils d’esclave. Né à Saint-Domingue (ancienne Haïti) d’un père blanc et d’une mère africaine, Alex est un jeune métis libre et insouciant. Jusqu’au jour où son père disparaît sans crier gare après avoir vendu toute la famille à un exploitant de canne à sucre ! Réduit en esclavage avec sa mère et sa sœur, Alex passe de mains en mains pour finalement atterrir dans la France du XVIIIe siècle, juste avant la Révolution. Il y retrouve son indigne de père qui lui révèle ses véritables origines. Commence alors une nouvelle vie pour le jeune homme. Une vie qui pourrait être légère et privilégiée, s’il n’y avait le souvenir de Saint-Domingue, des femmes restées là-bas et surtout de l’esclavage…
On savait plus ou moins que les Dumas avaient du sang métis. Tout l’intérêt du livre réside dans l’exploitation de ce pan de leur histoire. Même leur nom de famille, emblématique de la culture française, y trouve son origine, comme un beau pied-de-nez au passé esclavagiste du pays.
Un livre un peu succinct, dont le sujet aurait pu donner matière à une longue fresque, mais qui n’en reste pas moins très instructif. Dès 12 ans.

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En attendant le retour des écoutes musicales… épisode 1

Vous ne sentez pas ? Le parfum du retour à la vie d’avant ?

Déjà la réouverture des tables de lecture permettra à nos adhérents de profiter de la climatisation pendant l’été. Et bientôt, les animations… en septembre, c’est sûr, elles recommenceront… oui, enfin, disons qu’on croise les doigts pour qu’il en soit ainsi ! (amen)
Et justement, qui dit « animations » dit, entre autres choses, « écoutes musicales ». Ces dernières ont attiré au fil des ans une société de belles personnes, adeptes d’ondes éclectiques, de franches rigolades et de critiques acerbes.
C’est à ceux-là que nous pensons en proposant ces écoutes musicales à distance, sous forme de playlists au fil de l’été.
On commence aujourd’hui avec une sélection de 10 titres qui n’ont pour seul point commun que notre volonté d’attirer sur eux votre attention.
Et pour vous mettre dans l’ambiance studieuse des écoutes en présentiel, nous avons noté ci-dessous quelques informations clés pour chaque titre, en style télégraphique.
Imaginez « Jijim », notre irremplaçable maître de cérémonie, vous les susurrer à l’oreille de sa douce voix…

01

“Ninguém solta a mão de ninguém”
Lucas Santtana
Tiré de l’album O Céu é Velho Há Muito Tempo, 2019

Santtana (2T) né en 1970, à Salvador, Brésil.9ème album. Héritier des Tropicalistes, fils d’un producteur. "Personne ne lâche la main de personne"  consigne de l’époque des dictatures. Forme samba, détachée, peu de fioritures contrairement aux autres albums. Décalage entre paroles dures et musique très douce.

02

“Secret tree”
Perrine Mansuy
Tiré de l’album Vertigo songs, 2012

Née en 1971 Aix. Conservatoire Marseille, développe son sens de l'impro. Duos avec François Cordas (saxo). 1er album. Nombreuses collaborations, spectacles, enfants, jazz.
Ici Marion Portal à la voix. Rythme en 7/16 5/16 ( soit 12/16 en fait) jusqu'à l'arrivée du piano : 6/8 à 1 minute 54. Percussion se transforme en batterie. Tous en rythmique. Seul le piano part en solo. Mélodie : voix. Le complexe est caché sous la voix limpide et "facile".

03

“Stay in L.A.”
Dan Croll
Tiré de l’album Grand Plan, 2020

Né en 1990, étudiant au LIPA (Liverpool Institute for Performing Arts) créé par McCartney. Chansons placées sur des jeux vidéo et des pubs TV (mode de fonctionnement des artistes pour vivre, de plus en plus hélas). 3ème album.
Structure un peu inhabituelle : Couplet-refrain-couplet-refrain-coda. On peut trouver étonnant que des mélodies aussi travaillées ne reviennent pas après leur exposition assez sobre. Final en coda long, répétitif (sur 2 accords) pour casser le morceau, l'embrumer après le côté limpide du début.

04

“San Junipero”
Clint Mansell
Tiré de l’album Black Mirror : San Junipero, 2017

Black mirror : série Netflix britannique de science-fiction se passant dans un futur très proche, épisodes séparés, musiques idem. Particularité : chaque épisode mis en musique par un compositeur différent. BO sort en intégralité, pas toujours en CD d'ailleurs (Sakamoto uniquement en LP par ex.).
Mansell né en 1963 à Coventry (groupe Pop Will Eat Itself). Passé aux films : 40 BO.
Morceau thème légèrement angoissant (à la X files) répétitif (6 notes), variantes dans les timbres, Harmonie sur 2 accords (voire 1). Pure électro, rythmique qui va et vient.

05

“Cesse cesse”
Clou
Tiré de l’album Orages, 2020

Anne-Claire Ducoudray, née en 1983 à Paris. Découverte en 2014 (radio crochet de France Inter) 1er album produit par Dan Levy (The Do). Nommée Victoires Musique en 2020. Influences folk US 70's / chanson française Brassens, Renaud.
Structure basique couplet-refrain x 2. Très court. Mini coda ad lib. Ciselé arpèges ascendants piano, voix-contrechants, cordes sur refrain puis 2ème couplet, basse batterie monolithique, un peu percussion.
Très sobre. Chant à l'avenant, mélodique, précis. Rien ne dépasse, c'est ce qui fait son charme.

06

“Murder ballades : Omie Wise”
Eighth Blackbird
Tiré de l’album Filament, 2015

À propos de Bryce Dessner, compositeur du morceau : né en 1976 aux Etats-Unis. Entre deux mondes : rock (Groupe The National avec son frère) et contemporain. Ami de Sufjan Stevens et Jonny Greenwood (Radiohead) avec lesquels il collabore. Mari de Mina Tindle artiste folk française.
Murder ballades : recueil de 7 pièces pour petit ensemble. Eighth Blackbird : formation musicale piano + cordes.
Thème unisson piano+clarinette-variations contrepoint-thème-variations.
Piano très rythmique. Autres plus en ornement ou mélodiques.

07

“Mayor of Simpleton”
XTC
Tiré de l’album Oranges & lemons, 1989

Groupe Swindon UK formé en 1978. D'abord faux punk, puis rock puissant mélodique puis enregistrement studio uniquement. Après un passage à vide, nouveau succès avec Skylarking 86 et Oranges & Lemons en 1989.
Pop très produite. Enormément de choses à écouter sur des bases très mélodiques, simples mais à tiroirs. Paroles idem.
Coup en l'air du batteur au démarrage. Walking alambiqué de la basse. Guitare sur 2ème temps. Voix en réponse. Coda en spirale-canon.
Morceau sur-vitaminé à réécouter plusieurs fois.
Paroles classiques opposant un amoureux stupide en balance avec le bonheur.

08

“Ebru firat”
Arca
Tiré de l’album Forces, 2018

Duo français composé de Joan Cambon et Sylvain Chauveau. À ne pas confondre avec l’artiste électro Alejandra Ghersi. 5ème album.
Electro. Rythmique jungle. Sons fermés. Piano. Basse et harmonie répétitives.

09

“Hurting each other”
Carpenters
Tiré de l’album Greatest hits 1969-1983 Yesterday once more, 1998

Duo frère et sœur :  Richard né en 1946 à la composition, au piano et au chant ; Karen née en 1950 au chant et à la batterie, morte en 1983 des suites d'une anorexie. 7 albums en tout. Voix hyper placée sans effets mais toujours nette qui porte la chanson.
Le titre pourrait être du Bacharach, mais non.
Evidence de la mélodie. Structure pas si simple. Couplet-prérefrain-refrain. Deux fois puis fondu.

10

“Forget and be”
Leïla Martial
Tiré de l’album Warm canto, 2019

Une découverte de Brigitte, fidèle des Ecoutes Musicales.
Cette vidéo vient des Victoires du Jazz 2020, filmée sans public à la Piscine Molitor.
Leïla Martial née en 84, parents musiciens, collège de Jazz de Marciac. 3ème album.
Morceau : commence folk 2 accords plus 1. Puis break, démarrage des vocaux yodel-trilles, orientaux-indiens rythmiques puis percussifs triples croches (extrême aigu-calme faux flamenco-redescente).
Le chant évoque Meredith Monk, en plus charnel et immergé.
Batteur et guitariste chantent aussi (basse et contrechants).

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Fête des Mères : nos suggestions de lectures…

À l’occasion de la Fête des Mères, voici une quinzaine d’ouvrages illustrant la complexité du rapport filial et de la maternité :

version légère

Les romans feel-good abordent avec bienveillance et optimisme les étapes ordinaires ou dramatiques de la vie d’une mère. Naissance prématurée et départ des grands enfants chez Virginie Grimaldi, reconstruction du lien mère-fille chez Lorraine Fouchet, rapport avec l’enfant survivant après la perte de l’aîné chez Lori Nelson Spielman.

version grave

La disparition de la mère est une épreuve forcément bouleversante comme en témoigne Eric-Emmanuel Schmitt dans une véritable déclaration d’amour à celle qui lui a donné le jour. Blandine de Caunes et Michel Mompontet évoquent avec tout autant d’émotion la fin de vie des leurs, placée sous le signe funeste d’Alzheimer. Quant à Ocean Vuong, il adresse une lettre à sa mère analphabète pour raconter avec crudité et poésie les difficultés de se construire quand on est différent.

version atypique

Il y a mille et une façons d’être mère comme le prouve Marion Brunet avec son héroïne marginale et surprotectrice. Virginie Linhart essaie de comprendre comment le contexte socio-culturel façonne le rapport d’une génération à la maternité, et les dégâts que ce conditionnement engendre sur les suivantes. Kaori Ekuni raconte une mère idéaliste et fantasque, dont le mode de vie devient inacceptable pour l’enfant grandissant. Eliette Abécassis brode une histoire entre mère et fille dans le milieu de la mode, prétexte à de multiples réflexions. Dans un texte court et hybride, Elena Ferrante explore les dérèglements d’une mère rongée par la culpabilité. Enfin, Cécile Pivot évoque la dépression post-partum au travers des personnages de son roman épistolaire.

version historique

Dans la seconde biographie qu’elle lui consacre, Elisabeth Badinter explore la figure de Marie-Thérèse d’Autriche en tant que mère de seize enfants, parmi lesquels la future Marie-Antoinette. Clara Dupont-Monod s’intéresse à Aliénor d’Aquitaine, notamment dans les rapports qu’elle entretient avec son célèbre fils Richard Cœur de Lion. Plus cocasse, Isabelle Duquesnoy imagine les escroqueries d’une abominable marâtre à l’époque de la Révolution Française. Quant à Romain Gary, il mesure sa vie à l’aune de l’amour surdimensionné que lui porte sa mère.

N’hésitez pas à cliquer sur les couvertures des livres pour accéder à leurs fiches descriptives !

La playlist du moment : spéciale « Fête des Mères »

Vous les aimez ? Vous ne le leur dites pas assez ? C’est le moment ou jamais !

À l’occasion de la Fête des Mères, et de l’exposition de poésie qui y est consacrée, nous vous proposons cette gentillette playlist sur le thème des mamans.

Gentillette mais pas trop quand même. Parce qu’on y trouve autant de sucre que d’acide, d’allégro que de lamento, pour témoigner de toute la complexité du rapport à la mère.

Vous le constaterez par vous-mêmes : il n’y a que des vieilleries dans cette playlist. Mais ce sont des vieilleries qui ont au moins l’avantage d’êtres présentes à 85% dans nos rayons !

Pour lancer la playlist, cliquez sur la vidéo ci-dessus.
Pour connaître les détails des morceaux présentés, jetez un coup d’œil ci-dessous.

01

“Maman la plus belle du monde”
Luis Mariano
Tiré de l’album 20 chansons d’or, 2006


02

“Mother”
John Lennon
Tiré de l’album John Lennon / Plastic Ono Band, 1970


03

“Si maman si”
France Gall
Tiré de l’album Dancing Disco, 1977


04

“Mother”
Pink Floyd
Tiré de l’album The wall, 1979


05

“Maman”
Dorothée
Tiré de l’album Maman, 1986


06

“Mother’s day”
Fulanito
Tiré de l’album El padrino, 1999


07

“Les roses blanches”
Berthe Sylva
Tiré de l’album Anthologie de la chanson française enregistrée 1930-1940, 2007


08

“Mother”
The Police
Tiré de l’album Synchronicity, 1983


09

“La mamma”
Charles Aznavour
Tiré de l’album La mamma, 1995


10

“Mother”
Era
Tiré de l’album Era, 1996


11

“La maman des poissons”
Boby Lapointe
Tiré de l’album L’intégrale, 1998


12

“Mother and child reunion”
Paul Simon
Tiré de l’album Paul Simon, 1972


13

“Allô ! Maman, bobo”
Alain Souchon
Tiré de l’album Jamais content, 1977


14

“Mama”
Spice girls
Tiré de l’album Spice, 1996

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