Les dernières lectures du secteur adulte…

Roukiata Ouédraogo est une humoriste originaire du Burkina Faso qui s’illustre en France depuis quelques années. Dans ce roman autobiographique, elle raconte comment, en 2019, elle fut la marraine de la Journée Internationale de la Francophonie. L’événement raviva en elle de vieux souvenirs de famille. Ceux de sa mère qui, à la suite de l’emprisonnement injustifié de son mari, dut subvenir seule aux besoins de ses sept enfants. Le combat de cette Mère Courage offre au lecteur une excellente immersion dans le quotidien des Burkinabés.
Ouédraogo évoque la fierté maladive des hommes, l’endurance héroïque des femmes. La débrouillardise, le système de transport chaotique, l’hypocrisie administrative… des réalités de terrain qui ne sont pas que du folklore et avec lesquelles il faut composer.
La simplicité du style n’empêche pas quelques belles réflexions sur la condition humaine, les différences culturelles ou sur la question de l’excision, chère à l’autrice. Un beau moment de lecture.

Ce livre fera l'objet d'un cercle de lecture animé par l'association Teriya Solidarité le samedi 05 novembre à 10h00.
Venez en discuter avec nous!

 

Il fallait de l’audace pour reprendre l’écriture des enquêtes du fabuleux Hercule Poirot. Pour autant, Sophie Hannah n’a pas à rougir de sa prestation. Elle a relevé le défi avec brio. Chapitre après chapitre, on a plaisir à retrouver sa version du détective belge, aux petites cellules grises si perspicaces. Autant dire qu’il n’a pas pris une ride. Toujours aussi maniaque. Toujours aussi rigoureux. Rien ne lui échappe. Pas même le plus insignifiant détail.
Tout commence dans un restaurant de Londres, avec une mystérieuse Mademoiselle Jennie. Elle a peur pour sa vie. Elle vient de parler à Poirot et s’enfuit. Plus tard, ce sont trois victimes qui seront retrouvées dans trois chambres d’un grand hôtel londonien. Il n’en faudra pas plus à notre cher détective pour s’atteler à la résolution de ces crimes. Dans cette affaire, il sera aidé du jeune inspecteur de police Edward Catchpol.
Une enquête bien ficelée avec le grand final traditionnel réunissant tous les suspects.

Vous voulez plus d'Hercule Poirot revisité ?
Regardez donc le film Le crime de l'Orient Express, version 2018, de et avec Kenneth Branagh.
À emprunter au secteur cinéma !

 

Tout part de Grégoire Coblence, ébéniste de son état. En réparant un étui à violoncelle, il découvre une partition apparemment ancienne. Plusieurs personnages vont être mis dans la confidence, directement ou indirectement. Très vite, on soupçonne la partition d’être une sonate inédite du claveciniste Scarlatti. Une telle découverte ferait l’effet d’une véritable bombe dans le milieu de la musique. Mais on n’est pas à l’abri d’une supercherie. Quand la partition est volée, tout le monde s’affole. Il faut la retrouver à tout prix, être le premier à percer son mystère…
Roman choral aux allures de thriller artistique, 555, du nombre des sonates de Scarlatti, vous happe dès les premières lignes. Sa construction polyphonique, ses chapitres courts, ses personnages attachants autant que son intrigue teintée d’histoire de la musique, tout y est passionnant du début jusqu’à la fin. Un pur chef d’œuvre à ne manquer sous aucun prétexte!

Vous voulez plus de fiction sur l'art ?
Lisez donc La femme périphérique de Sophie Pointurier, mystère se déroulant dans le Berlin artistique des années 90.
À résoudre au secteur adulte!

 

Voici un petit livre bien singulier. D’emblée, le narrateur nous fait entrer dans son intimité. Ses premières phrases reprennent le titre “Ici, ça va”. Comme si nous étions un proche lui demandant des nouvelles de sa récente installation à la campagne. Les chapitres très brefs s’enchaînent. Le narrateur y décrit ses journées, les travaux qui l’occupent, les saisons qui défilent, sur le ton de la confidence. Petit à petit se dessine l’histoire d’un homme ayant entamé une triple reconstruction : la sienne, celle de la maison familiale, ainsi que du lien avec la nature. On devine un drame refoulé depuis l’enfance. On admire le soutien de l’épouse aimante. Tout est suggéré avec pudeur et délicatesse.
En fin d’ouvrage, Thomas Vinau dévoile l’intention derrière son roman. Les mots qu’il emploie sont exactement ceux auxquels on pense en parvenant au terme de l’histoire. Preuve que l’objectif de l’auteur est atteint haut la main, en à peine 130 pages.

https://ctlg.mediatheque-lattes.fr:3333/detail-d-une-notice/notice/1300120196

Vous voulez plus de mise au vert ?
Lisez donc Par la force des arbres d'Édouard Cortès, ou l'histoire vraie d'un homme réfugié au sommet d'un arbre, façon Baron Perché.
À découvrir au rayon adulte!

 

Il y a d’abord deux femmes : Kamar la Syrienne et Acia l’Italienne. La première fuit son pays avec sa fille. Elle vit le drame de tous les migrants : la guerre, les passeurs, les camps d’internement. La seconde se retrouve totalement démunie après une énième galère. Un livre de cuisine, trouvé par hasard sur un banc, la pousse à se rendre dans un village perdu d’Ombrie.
C’est là qu’entre en scène la troisième larronne : la vieille Nebbe, propriétaire d’une auberge sur le déclin. Ensemble, ces trois femmes vont reprendre goût à la vie, par le biais de la cuisine…
Roman tant social que feel-good , Le pays aux longs nuages s’avère puissant dans son évocation des migrants, un peu plus mélodramatique quand il s’agit d’Acia et ses innombrables malheurs. Il n’en demeure pas moins un livre savoureux avec son énumération de plats typiques et ses paysages de campagne italienne.

Vous voulez plus de romans gourmands ?
Lisez donc Le fermier qui parlait aux carottes et aux étoiles de Julia Mattera, pour saliver de plaisir avec la cuisine alsacienne.
À déguster au rayon adulte!

Retour sur les écoutes musicales du 17 septembre 2022 (Audiofil 093)

La 93ème session des Audiofil s’est déroulée dans un calme olympien, plus propice à l’attention qu’à la contradiction (litote). De quoi loucher et voir double.

Du coup, on revoit a posteriori (et avec les oreilles) deux façons d’aborder :
– Le jazz, rude et quasi free avec Eric Dolphy, doux et spiralé avec Anne Paceo
– Le swing, funky et roboratif des Crusaders (tout le monde a tapé du pied), celui plus blues rock et chanté des Doobie Brothers (tout le monde a reconnu)
– Le rock, simple et basique des (très) jeunes Wet Leg, alambiqué et Brontë des (à l’époque) jeunes Genesis
– La chanson, très variète et très reconnue, de Fishbach, plus subtile mais beaucoup moins en vue, de Jacques (les deux ont peu plu)
– Le classique orchestré de Barber, pas barbant, et ouvragé et mélodique de Dowland (boudé par certains)

Hors pistes, le bref et tendu générique de En thérapie, ciselé par Yuksek, et la “brasiliade” grand public de Gilberto Gil. À écouter jusqu’au bout de la nuit (non, pas Hugues Aufray…).