ÉTAPE 5 : LE FRÊNE COUCHÉ DE LA MAISON DE LA NATURE

Le frêne couché

Les arbres bougent. Le saviez-vous ? On les a longtemps crus immobiles, se contentant d’empiler du bois et des branches. En fait ils s’adaptent en permanence aux conditions de lumière, de vent, de sol. Ils sont en quelque sorte en perpétuelle recherche d’équilibre. Sauf que, bien sûr, nous ne le voyons pas, ces mouvements étant bien trop faibles et lents pour que nous puissions les percevoir.
Le temps a une autre dimension avec les arbres.

La roubine derrière le frêne couché

Bien malgré lui, le frêne couché de la Maison de la Nature a dû mettre en application toutes les facettes de cette aptitude. Son allure insolite s’explique facilement : notre frêne a été couché par le vent et a su retrouver le chemin de la verticale pour sa croissance. Enraciné au bord d’une roubine, ces fossés généralement remplis d’eau destinés à assainir un sol marécageux, il n’a pu développer ses racines que d’un seul côté.
Cette faiblesse a permis à un vent violent de le mettre à terre, et, par chance, ses quelques racines n’ont pas cassé. Il faut dire que notre région a coutume de tempêtes copieusement arrosées, et le sol détrempé a pu avoir la souplesse nécessaire pour laisser glisser les racines sans les casser. L’arbre s’est donc retrouvé couché et bien vivant.

La branche fourchue

Les nouvelles branches ont retrouvé naturellement la direction de la verticale, et, en même temps, le tronc a pu légèrement se déformer pour aider ce changement de cap impromptu. Ainsi il n’y a pas de marque de changement brutal de direction, et c’est avec une belle arcure que l’arbre a retrouvé le chemin de la lumière.
Cette situation n’est pas pour autant confortable pour cet arbre, visiblement peu vigoureux. Une fourche supportant la plus haute branche s’est ouverte, et cette
branche est redevenue stable au lieu de tomber : elle s’appuie maintenant sur un arbre voisin. Pour la deuxième fois, le frêne a eu de la chance dans sa malchance !
En étant situé sur le sentier de la cigogne blanche, qui part de la Maison de la Nature, il est devenu un terrain de jeu pour les enfants qui y découvrent la joie de grimper aux arbres tout en étant au ras du sol. Son tronc fait aussi office de siège permettant un repos méditatif pour les plus grands, comme en témoigne sa patine, récoltée à force d’accueillir les promeneurs inspirés ou fatigués !

Localisation sur plan du frêne couché

Et si, après leur escale reposante sur le frêne couché, ces mêmes promeneurs décident de prolonger la marche en direction des prairies de Saint-Sauveur, ils en admireront les platanes, aux capacités tout aussi étonnantes (voir à ce sujet l’article consacré).

Le tronc du frêne, aire de jeux et siège malgré lui

Texte et photographies : Philippe Crassous

2 réflexions au sujet de «  »

  1. Quelle belle revanche à la fable que la résilience de cet arbre qui pousse au milieu des roseaux. Couché et toujours debout un vrais yogi.
    Les merveilles sont à notre porte et nous passons à coté sans les voir merci aux éveilleurs de Lattes en transition et à la médiathèque de les partager avec nous.

    1. Merci pour ce message, Frédéric ! Et de nous rappeler avec autant de philosophie, ainsi que de poésie, combien la nature est riche d’enseignements !

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