On a savouré LE RESTAURANT DE L’AMOUR RETROUVÉ d’Ito Ogawa

FICHE TECHNIQUE :
Titre : Le restaurant de l’amour retrouvé
Auteur : Ito Ogawa
Pays : Japon
1ère année de publication : 2008

Cote : R. OGA

 

“Un repas, c’est parce que quelqu’un d’autre le prépare pour vous avec amour qu’il nourrit l’âme et le corps.”

 

Campagne japonaise

Un soir après le travail, Rinco trouve son appartement vidé par son prétendu fiancé. Elle en reste sans voix. Littéralement. Le fiancé ne lui a rien laissé, hormis la jarre léguée par sa grand-mère. Une jarre “magique” contenant une saumure vieille d’un siècle où il suffit de “glisser les légumes pour qu’ils se réjouissent”. Totalement démunie, Rinco retourne instinctivement chez sa mère Ruriko, qui vit à la campagne. Les retrouvailles en disent long sur la relation qui unit les deux femmes : Ruriko manque tuer sa fille, qu’elle prend pour un cambrioleur.

Gastronomie

Rinco ne se formalise pas de cet accueil. Plutôt que sa mère, elle est heureuse de retrouver la nature et les montagnes, les “confidentes” de son enfance. Très vite lui vient l’idée d’ouvrir un restaurant dans ce coin reculé du monde. Avec ses petits moyens, son amour immense pour la cuisine et pour les gens, Rinco souhaite redonner à ses futurs clients le goût de vivre.

Grenades pour un bon curry…

Véritable enchantement des sens, Le restaurant de l’amour retrouvé est une ode à la nature autant qu’à la gastronomie. Souvent les deux se mélangent. C’est ainsi qu’au fil des pages le paysage hivernal devient une montagne de blanc en neige, le coucher de soleil un pot de miel ou de marmelade. C’est une apologie des choses simples et authentiques. Un bol d’optimisme et de légèreté à l’image de son héroïne, toujours enthousiaste, toujours émerveillée. Sauf dans les rapports qu’elle entretient avec sa mère, beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît. Mais là encore, l’amour n’est jamais totalement perdu…

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On a doublement frissonné avec FANTÔMES D’HIVER de Kate Mosse

FICHE TECHNIQUE :
Titre : Fantômes d’hiver
Auteur : Kate Mosse
Pays : Grande-Bretagne
1ère année de publication : 2009

Cote : R. MOS

 

“Les morts laissent une ombre derrière eux, l’espace où ils vécurent résonne encore de leur écho.”

 

Jeune poilu

Kate Mosse fait partie de ces Anglais épris de culture française, qui sont là pour nous rappeler “l’inquiétante étrangeté” de nos régions et de notre histoire millénaire. Amoureuse du Languedoc, elle a mis en scène la cité de Carcassonne dans son best-seller international Labyrinthe.

Avec Fantômes d’hiver, Kate Mosse nous entraîne cette fois-ci en Ariège pendant l’entre-deux-guerres. Nous y suivons Frederic “Freddie” Watson, jeune Anglais dépressif ne se remettant pas de la mort de son frère tombé au combat. Freddie a entamé un voyage curatif dans le sud de la France. Sa voiture accidentée lors d’une tempête, il est contraint de se réfugier dans le village perdu de Néans, où il participe à une fête médiévale plus vraie que nature. Il y fait la connaissance de Fabrissa, mystérieuse jeune femme à laquelle il s’attache inexplicablement. Celle-ci disparaît le lendemain-même de la fête, et lorsque Freddie interroge les villageois à son sujet, personne ne semble la connaître.
Comme Fabrissa le lui a demandé avant leur séparation, Freddie va tenter de la “retrouver”. En même temps, il exhumera l’un des drames oubliés du village.

Tarascon sur Ariège

Rédigé à la manière d’une longue nouvelle fantastique, Fantômes d’hiver s’inspire notamment des écrits d’Algernon Blackwood qui, au début du 20ème siècle, faisait déjà de la France sauvage le théâtre de phénomènes paranormaux.
Mais le livre ne se résume pas qu’à cela. Le fantastique n’est qu’un prétexte pour évoquer des sujets plus concrets : le catharisme, le poids des morts, et les persécutions qui se répètent inlassablement d’une époque à une autre, jusque dans l’humiliante obligation de porter la marque jaune.

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On a été électrisé par LES DERNIERS JOURS DE L’ÉMERVEILLEMENT de Graham Moore

FICHE TECHNIQUE :
Titre : Les derniers jours de l’émerveillement
Auteur : Graham Moore
Pays : États-Unis
1ère année de publication : 2016

Cote : RH. MOO

 

“Un filament porté à incandescence le révélait à lui-même tel qu’il ne se serait jamais imaginé.”

 

George Westinghouse

Englués dans notre confort moderne, nous n’avons plus conscience de ce qui se cache derrière les petits gestes du quotidien. Par exemple : allumer la lumière. Qu’y a-t-il de plus anodin et de plus insignifiant ? Nous avons oublié que pour en arriver là des cerveaux brillants, des juristes plus ou moins bien intentionnés et des financiers souvent cupides se sont livrés une âpre bataille.
C’est cette bataille que Graham Moore, jeune scénariste hollywoodien auréolé d’un Oscar, se propose de nous raconter dans Les derniers jours de l’émerveillement.

Thomas Edison

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, son livre n’est pas un documentaire. C’est un roman, dans la plus pure tradition. Son héros, Paul Cravath, n’est autre que l’avocat de Georges Westinghouse, rival de Thomas Edison dans la “Guerre des courants électriques”. Une guerre qui eut pour cadre le New-York de la fin du dix-neuvième siècle, et qui, comme toutes les guerres, ne se fit pas sans victimes. On pense notamment à la scène d’ouverture, ou encore à celle de la chaise électrique, horribles, l’une comme l’autre. Et pourtant tout ce qu’il y a de plus authentiques.

Nikola Tesla

L’ambitieux Paul mène une enquête juridique passionnante, pleine de rebondissements, d’échecs et de déconvenues jusqu’au coup de théâtre final. Grâce à lui et à sa méconnaissance scientifique, on rentre progressivement dans l’univers des inventeurs, sans jamais être noyé sous le jargon technique. Les explications sont simples, claires et justement dosées. Les chapitres courts facilitent la lecture et donnent envie d’aller toujours plus loin. Autour du jeune avocat gravitent quantité de personnages historiques hauts en couleur. Mention spéciale à Nikola Tesla, irrésistible savant fou au phrasé si particulier. Ainsi qu’à la jeune et jolie Agnes Huntington qui apporte quasiment à elle seule la touche féminine dans cette aventure essentiellement virile. Jeune et jolie, certes, mais pas potiche pour autant !

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On s’est régalé avec LES DÉLICES DE TOKYO de Durian Sukegawa

FICHE TECHNIQUE :
Titre : Les délices de Tokyo
Auteur : Durian Sukegawa
Pays : Japon
1ère année de publication : 2013

Cote : R. SUK

 

“Dans la vie aussi, il y a des changements de saison.”

 

Dorayakis

Le dorayaki est une pâtisserie japonaise constituée de deux pancakes fourrés à la confiture de haricots rouges. Avant janvier 2016, qui, dans l’Hexagone, connaissait cette sucrerie aux saveurs inhabituelles ?
Sans doute peu de monde en dehors des amateurs de culture nipponne.
Puis vint le film de Naomi Kawase,  Les délices de Tokyo, qui contribua largement à populariser le dorayaki. Le film permit aussi au public français de découvrir le livre de Durian Sukegawa dont il est une adaptation.

Ce livre s’ouvre sur la rencontre de Sentarô, ancien détenu en perdition, avec Tokue, sympathique grand-mère aux doigts tordus. Malgré son grand âge, Tokue insiste pour travailler avec Sentarô dans la boutique de dorayakis qu’il dirige tant bien que mal. Telle une bonne fée tombée du ciel, elle lui apprend à confectionner une confiture de haricots rouges digne de ce nom. Les dorayakis gagnent en qualité et la boutique en clientèle.
Mais un jour les clients ne viennent plus. Des rumeurs circulent à propos de Tokue. Ses doigts tordus cacheraient un secret inavouable…

Cerisier en fleur

Qu’on se le dise, Les délices de Tokyo ne parle pas que de pâtisserie. Ce n’est pas une success-story américaine où tout réussit aux héros. Sentarô et Tokue sont des naufragés de la vie qui cherchent à garder la tête hors de l’eau. À l’image du style épuré de l’auteur, leur relation froide et gênée devient, au fil des pages, plus humaine, plus poétique et philosophique. Il faut bien ça pour donner du sens à sa vie, quand elle a été broyée par une société pleine de tabous.
Comme souvent dans les œuvres japonaises, des humains brisés sont réunis par le destin et forment une improbable famille. C’est grâce à cette famille que l’espoir peut renaître, sous le patronage de l’éternel cerisier, dont les métamorphoses saisonnières évoquent le rythme bienveillant de la Nature.

 

Également disponible dans votre médiathèque, au rayon Cinéma :
Titre : Les délices de Tokyo (le film)
Réalisatrice : Naomi Kawase
Acteurs : Masatoshi Nagase, Kirin Kiki, Kyara Ushida…
Date de sortie en France : 27 janvier 2016

Cote : F KAW

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On a dévoré NOS RICHESSES de Kaouther Adimi

FICHE TECHNIQUE :
Titre : Nos richesses
Auteur : Kaouther Adimi
Pays : Algérie
1ère année de parution : 2017

Cote : R. ADI

 

“Il n’est jamais simple d’être heureux à Alger, même débarrasser une librairie et filer se transforme en épopée !”

 

Rue d’Alger

Avec Nos richesses, Kaouther Adimi ne nous offre pas un ouvrage mais trois. Elle raconte d’abord Alger, magnifiée dans une superbe introduction touristique, où le style précis, épuré mais néanmoins poétique de l’auteure fait des merveilles. Dans cette Alger de 2017, la bibliothèque “Les vraies richesses” ferme définitivement ses portes. Le jeune Ryad est chargé de nettoyer l’endroit. Mais son travail ne se fera pas sans mal. Car la bibliothèque a une histoire. Autrefois c’était une librairie. Et son fondateur, Edmond Charlot, un pionnier, ami de Camus et de tant d’autres.

Même si le jeune Ryad n’aime pas les livres, il ne peut rester insensible à un tel passé qu’il sent peser sur lui. D’autant plus qu’Abdallah, ancien gardien des lieux, ne le lâche pas d’une semelle. Ah ! Les dialogues entre Abdallah et Ryad ! Un vrai régal ! Et toute la vie grouillante d’Alger, en toile de fond : c’est si drôle, si tendre, si authentique !

À côté de cette Alger contemporaine, nous découvrons le journal intime d’Edmond Charlot lui-même, entre 1935 et 1961, depuis l’ouverture de la librairie “Les vraies richesses” jusqu’à son retour au pays, après avoir tenté sa chance à Paris.

Edmond Charlot

On sait que l’Histoire avec un grand H n’a pas épargné l’Algérie pendant cette période : colonisation, seconde guerre mondiale, indépendance… C’est l’occasion pour l’auteure de resituer la petite histoire dans la grande. De rappeler toutes les vexations subies par le peuple algérien.

Tenant la promesse de son titre, Nos richesses est un concentré de deux-cents pages qui se lit d’une traite, comme on déguste un thé à la menthe : un tiers de sucre pour la douceur, un tiers de menthe pour la fraîcheur, un tiers de thé pour l’amertume.

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